Placements / Marchés Dans un univers de taux d’intérêts aussi bas, quels sont les secteurs et les opportunités qu’il convient de privilégier en portefeuille ? Aujourd’hui, les banques centrales mènent la danse en pratiquant une politique monétaire accommodante. Le rendement réel des placements dits sans risque est devenu négatif depuis trois ans en Europe et aux Etats-Unis, une situation qui risque de perdurer encore un certain temps compte tenu du poids de la dette des états. Dans un climat, que certains ont qualifié de guerre monétaire, le rendement doit aller se chercher dans des classes d’actifs ciblées et, dans bien des cas, le stock-picking sera de mise.

Dans la classe obligataire, certaines émissions sur le marché primaire européen sont attrayantes. Dans un contexte macroéconomique incertain, les investisseurs doivent favoriser les durations courtes, les émissions de qualité tout en veillant à la bonne liquidité des papiers. De belles opportunités sont encore à saisir dans les obligations émergentes qui bénéficient de bons niveaux de rendement avec un niveau de risque bien maîtrisé et des taux de défaut en recul.

Dans un portefeuille, les obligations apportent en principe une forme de sécurité. Les actions sont, quant à elles, essentiellement envisagées comme moteur de la performance. Des études réalisées sur le très long terme (100 ans) démontrent que, sur de telles périodes, les investissements en actions sont nettement plus rentables que les autres formes de placement. Dans l’environnement actuel, certains gestionnaires préconisent de renforcer les valeurs défensives au détriment des valeurs cycliques dans les portefeuilles. Pour rappel, les valeurs défensives appartiennent à des secteurs de l’économie qui sont très peu sensibles à l’évolution de la conjoncture économique. En période de faible croissance, de stagnation ou de récession de l’économie, toutes les valeurs sont touchées mais les valeurs défensives seront moins exposées que les valeurs de croissance. Les sociétés des secteurs de l’agroalimentaire, de la distribution ou les pharmaceutiques, par exemple, sont traditionnellement considérées comme des valeurs défensives. Ce sont des secteurs qui sont moins sensibles à une baisse de la consommation des ménages.

Actuellement, les gestionnaires sont également nombreux à privilégier les grandes capitalisations qui dégagent de bons cash-flows et qui bénéficient d’une exposition mondiale dans les ventes et surtout d’une exposition aux marchés émergents même si, pour l’instant, ces valeurs sont assez chères. Aujourd’hui, l’investisseur peut favoriser une stratégie « high dividend ». Que ce soit en Europe ou en Asie, les actions défensives qui procurent de beaux dividendes ont donc les faveurs dans certains portefeuilles. Les actions européennes sont également considérées comme étant meilleur marché par rapport aux valeurs américaines. Les grandes entreprises (large cap ou grandes capitalisations), qui agissent au niveau mondial, bénéficient de rendements d’échelle importants. Aujourd’hui, la croissance est différemment répartie au niveau mondial mais globalement elle est de l’ordre de 3%. Dans ce contexte de croissance mondiale, les grandes capitalisations profitent du développement international grâce à leur positionnement dans de nombreux pays. Elles peuvent donc être favorisées dans les portefeuilles. Au pays de l’Oncle Sam, le secteur immobilier est reparti à la hausse, ce qui offre du potentiel aux sociétés qui financent l’immobilier dans ce pays.

Isabelle de Laminne