Placements / Marchés

Un avis signé par le groupe Schroders, spécialisé dans la gestion d'actifs.

Le potentiel de croissance des marchés émergents est un thème important pour les investisseurs. Les actions de cette région jouent un rôle important dans la réalisation des objectifs d'investissement. Mais la composition de l'indice MSCI EM a considérablement changé au fil des ans. La complexité de ces changements est, selon Schroders, la raison pour laquelle il est si important d’adopter une approche active pour cette classe d'actifs. Cet indice ne restera pas statique dans les années à venir. De plus, les actions des marchés émergents sont loin d'être efficaces, ce qui offre des opportunités aux investisseurs actifs.

20 années de transformation

Schroders examine l'évolution de l'indice MSCI EM au cours de ces 20 dernières années. La transformation des marchés émergents est frappante. En termes simples, les marchés émergents sont les pays à fort potentiel de croissance économique et à rendement plus élevé sur investissement. Mais cela va de pair avec des risques politiques, juridiques et opérationnels plus importants. Ces pays se caractérisent par une classe moyenne en plein essor et une prospérité croissante, ainsi que par des tendances démographiques et d'épargne positives.

Ces 20 dernières années, les marchés émergents ont aussi gagné en pertinence auprès des investisseurs en tant que catégorie d’investissement. Alors que les entreprises des pays émergents ne représentaient que 4 % de l'indice MSCI World en 1998, elles atteignent à présent la barre des 11 %.

© Schroders

Poids lourd chinois

Fin septembre, l'indice MSCI EM était composé de 24 pays, la Chine se taillant la part du lion avec 31 %, suivie de la Corée du Sud (15 %) et de Taiwan (12 %). De l'autre côté du spectre, on trouve le Pakistan avec une part de 0,1 %. Les secteurs de la finance (23,2 %) et de l'informatique (26,9 %) sont les plus importants.

Les pays participants et leur pondération au sein de l'indice MSCI EM ont aussi beaucoup évolué au fil des ans. Le changement le plus frappant est la montée spectaculaire de la Chine. Alors que ce pays ne représente que 0,8 % en 1998, sa part atteint aujourd’hui 31 %. Cette progression est due à l'ouverture des marchés d'actions chinois aux investisseurs étrangers. Un autre changement important a été l'inclusion des Émirats arabes unis et du Qatar dans l'indice en 2014. D’autres pays ont disparu de l'indice en raison de réévaluations à la hausse ou à la baisse.

Au niveau sectoriel, on a également assisté à d'importants glissements durant les 20 dernières années. La progression la plus visible est celle du secteur des TI, qui ne représentait que 5 % de l'indice en 1998, mais approche aujourd’hui la barre des 27 %. L'essor d'internet et du smartphone y est pour beaucoup. L'Asie est le principal producteur de ces produits technologiques. Les services et le matériel de télécommunications ont perdu de leur importance. La part des institutions financières est restée plus ou moins égale pendant toutes ces années.

Le top dix est occupé par des pays asiatiques

Les variations régionales sont aussi clairement visibles en se basant sur les dix principaux titres de l'indice MSCI EM. En 1998, 7 des 10 plus grandes entreprises venaient d'Amérique latine. Aujourd’hui, les dix premières viennent d'Asie et leur part cumulée a également augmenté (passant de 16,7 % en 1998 à près de 24 % à l’heure actuelle).

Perspectives d'avenir

Un facteur important dans les indices EM n'est pas la croissance économique, mais la suppression des restrictions d'accès au marché. L'on parle d’inclure aussi l'Arabie saoudite et l'Argentine en 2019. Les pays de l'indice MSCI Frontier pourraient également être revalorisés ou passer du statut de marchés émergents à celui de marchés développés.

Les changements structurels dans la façon dont les gens communiquent, accèdent aux médias et visitent les magasins compliquent la catégorisation sectorielle. Par exemple, les entreprises de commerce en ligne sont actuellement classées dans la catégorie TI. Dans ce contexte, le secteur des services de télécommunications sera rebaptisé « services de communication » à partir du 3 décembre. Dans le cadre de ce changement, les entreprises de médias passeront de la catégorie des services aux consommateurs à celle des services de communication, tandis que les entreprises Internet passeront de la catégorie des services informatiques à celle des services de communication. Enfin, les entreprises de commerce en ligne passeront de la catégorie TI à celle des services aux consommateurs.

Tout cela illustre bien la dynamique des actions ME et la croissance structurelle qu'elles offrent. Les actions ME peuvent jouer un rôle plus important que jamais pour aider les investisseurs à atteindre leurs objectifs. Ce sont tous ces changements qui nécessitent une approche active. Vu la forte concentration des dix premières actions de l'indice, une approche passive ne permet pas d’exploiter les opportunités de manière optimale.

Retrouvez le texte intégral de cette analyse dans l’article intitulé:How emerging markets have changed over the past 20 years.