Placements / Marchés Le patron de la BCE fixe un agenda pour une politique monétaire plus ferme. Analyse Patrick Van Campenhout

On attendait un peu de clarté cette semaine à propos de l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Et son patron, Mario Draghi n’a pas déçu les attentes en donnant de l’économie de la zone euro une image rassurante. Mais ce n’est qu’en octobre qu’il devrait annoncer un ralentissement progressif du programme de "quantitative easing", soit le rachat massif - 60 milliards d’euros par mois - d’obligations d’entreprises, afin de maintenir les taux longs à un niveau réduit. C’est que la situation requiert du doigté, tant elle est inhabituelle, au point de voir se manifester de gros opérateurs financiers demandeurs d’un début de retour à plus de normalité monétaire.

Un euro (trop) ferme

Dans l’attente, l’euro a repris son ascension face à un dollar déforcé par l’accumulation des soucis aux Etats-Unis, avec une facture liée aux ouragans qui dépassera sûrement les 100 milliards de dollars. La perspective du règlement de cette facture qui pourrait s’alourdir puisqu’un nouvel ouragan menaçait vendredi la Floride, est de nature à tempérer aussi le propos de Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine. Celle-ci devrait reporter comme l’an passé, à la réunion de décembre du Comité monétaire de la Fed, le tour de vis prévu sur les taux d’intérêt. Mais d’ici là, la conjoncture reste positive, avec la diffusion cette semaine d’un indice ISM des services installé dans la zone "croissance forte". Seules les demandes d’allocations de chômage ont grimpé plus qu’attendu, en raison bien sûr des perturbations liées au passage de l’ouragan Harvey sur le Texas. La Fed sera également attentive aux tensions possibles à propos du relèvement du plafond de la dette américaine, même si des voix laissent entendre qu’un accord existe déjà.