Placements / Marchés Les obligations les plus sûres et l’or rentrent en portefeuille. Analyse.

Les marchés boursiers ont reculé dans un bel ensemble, mais sans panique, au fil d’une semaine écourtée, et à la veille d’un week-end long de quatre jours, ce qui est plutôt rare pour les places financières. La prudence des opérateurs a toutefois fait évoluer de manière assez classique quelques classes d’actifs comme les obligations de premier choix et… l’or. La recherche de la sécurité est à nouveau à l’honneur dans les stratégies d’investissement, ce qui a fait grimper le métal jaune de 2,50 % sur la semaine. Les obligations de premier rang ont été très recherchées également, ce qui en a fait grimper les prix et fait reculer le rendement de manière sensible, aussi bien en zone euro qu’en zone dollar. De quoi faire passer inaperçu l’excellent indice ZEW allemand témoignant d’une belle confiance des investisseurs.

Des bottes et des bombes

A la base de ce repli frileux, les bruits de bottes en Afghanistan, en Irak et aux portes de la Corée du Nord, l’expression recouvrant aussi, on le sait, le bruit des bombes… Aux Etats-Unis, les observateurs ont évoqué un "rally" sur le marché obligataire, le rendement des obligations d’Etat américaines (Treasuries) repassant à 2,22 % jeudi, sous le niveau de l’inflation aux Etats-Unis. Une réaction normale, mais, compte tenu de la tension actuelle et du risque de déclenchement d’un conflit, elle semble bien trop mesurée en regard du choc que risquent de subir les marchés financiers mondiaux, le cas échéant. C’est d’autant plus le cas qu’en dépit du début de correction en cours, les valorisations sont toujours très élevées aux Etats-Unis. En Europe aussi, les rendements obligataires ont évolué à la baisse, certains opérateurs américains ayant décidé de solder leurs positions en obligations du Trésor français suite aux craintes d’un premier tour "surprenant" aux élections présidentielles. Le "spread", cet écart de rendement indicatif entre les obligations françaises de référence et leurs équivalentes allemandes, s’est élargi à près de 0,60 %. Cela n’a pas fait trembler l’euro sur le marché des changes, mais un autre facteur a pesé sur le billet vert : le président américain s’est en effet confié au "Wall Street Journal", s’inquiétant de la vigueur du dollar et prônant des taux bas, s’opposant ainsi de facto à la ligne de politique monétaire suivie par la Réserve fédérale américaine (Fed).