Placements / Marchés Les ressacs réguliers de la Bourse sont toujours suivis de rebonds.

La Bourse de New York a célébré cette semaine, sans y croire, le trentième anniversaire du krach d’octobre 1987, baptisé "Black Monday", alors qu’en réalité, il avait débuté le vendredi précédent par un recul prémonitoire de 4 bons pourcents. Le lundi 19, l’accumulation d’éléments conjoncturels négatifs, des soucis informatiques et l’absence de coupe-circuit en cas de trop forte baisse des cours, avait été ternie par une rechute de 22,60 %. Du jamais-vu. Pourtant, force est de constater que, si d’autres krachs imputables à d’autres raisons, ont eu raison de la fortune de bon nombre d’investisseurs, il y a toujours des acheteurs prêts à revenir vers les actions et leur alléchant potentiel. A preuve, l’évolution des indicateurs de tendance américains qui ont inscrit ces derniers jours des records historiques.

Le contre-exemple japonais

On retiendra toutefois qu’il ne s’agit pas là d’une règle absolue, à l’exemple cette fois de la Bourse de Tokyo dont le baromètre, l’indice Nikkei des 225 plus belles valeurs locales, avait atteint un sommet à 38 000 points en 1990, et qui, 27 ans plus tard, semble enfin repartie sur une trajectoire positive à long terme qui fait actuellement saliver les gestionnaires. Certes, entre-temps, des phases de reprise ont permis aux investisseurs actifs de générer des plus-values.

Résultats satisfaisants

Mais on s’est donc interrogé en coulisses, ces jours-ci, sur les fondements des valorisations des entreprises cotées, à New York et ailleurs. Certaines entreprises de l’économie des réseaux affichent des cours très élevés qui reflètent avant tout le niveau des attentes des investisseurs en matière de croissance. L’inertie des fonds investis en Bourse s’explique aussi par la publication par les entreprises cotées de résultats dépassant les attentes aux Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, on aura essentiellement noté sur la semaine les excellents résultats d’IBM, d’Adobe et de Johnson&Johnson. IBM a enfin réussi à mettre en évidence la rentabilité de la division "cloud". Par contre, le conglomérat géant General Electric s’en sort moins bien que prévu, dans sa division énergie, notamment, au point que les actionnaires ont craint pour leurs chers dividendes. Mais au cours d’une conférence consacrée aux résultats, la direction du groupe a assuré que le maintien de la politique de rémunération restait au cœur de sa stratégie. Autre nouvelle propre à rassurer les investisseurs : un accord industriel est intervenu entre Airbus et Bombardier, qui permet au constructeur aéronautique canadien de passer sous l’aile du groupe européen pour éviter de devoir payer les droits de 220 % exigés par l’administration américaine pour la livraison des avions canadiens commandés par les compagnies américaines. Sur la semaine, Bombardier et Airbus ont progressé respectivement de 20 % et 4,4 %.

Effets "Brexit"

En Europe, les observateurs ont noté une belle résistance des valeurs et de l’euro à l’évolution du dossier catalan, en ce comprises, les banques locales. La Bourse de Londres a cédé du terrain sur les effets dérivés du Brexit. Avec notamment, la société IWG dont l’activité principale réside dans la location de bureaux aux entreprises, sous l’enseigne Regus. Dans le même contexte, Merlin Entertainment, opérateur de parcs d’attraction (notamment London Eye et Madame Tussaud) a cédé 21 % sur des résultats décevants et un nombre de visiteurs en baisse. A Bruxelles, enfin, nos financières ont été recherchées, Ageas en tête (+3,6 %). La révision à la hausse des perspectives d’UCB a également fait mouche.