Placements / Marchés La FSMA met en garde sur les risques d’arnaque pour les investissements qui se font via les "Initial Coin Offerings".

Investir dans un start-up en faisant appel à des ICO (Initial Coin Offerings) ou des tokens numériques, de plus en plus de personnes, en particulier du côté des jeunes, sont tentées de le faire. Mais attention au risque d’arnaque. C’est le message envoyé ce lundi par la FSMA, l’Autorité des services et marchés financiers en Belgique. Une mise en garde faite par l’une ou l’autre autorité de contrôle (notamment aux Pays-Bas) à la suite d’une discussion au niveau de l’instance en Europe (ESMA).

"Cette année, des start-up ont levé dans le monde plus de trois milliards de dollars de fonds grâce à la vente de tokens numériques, des ventes qui portent le nom d’Initial Coin Offerings (ICO). Pour financer un projet, ses concepteurs lancent ces tokens auprès du public en passant par un site Internet", explique la FSMA.

Ces tokens doivent en général être achetés au moyen d’une monnaie virtuelle, telle que le bitcoin ou l’ether. "En fonction de sa structuration, une ICO peut être soumise à différentes réglementations financières. Beaucoup d’entre elles ne sont toutefois assujetties à aucune réglementation et ne font ainsi pour l’instant l’objet d’aucun contrôle", ajoute l’autorité selon laquelle "tout participant à une ICO doit dès lors savoir que l’opération en question est susceptible de n’obéir à aucune règle et que le consommateur n’est nullement protégé." "Les informations souvent très sommaires fournies au sujet des ICO font qu’il est très difficile d’en évaluer les risques", poursuit la FSMA en rappelant que certaines ICO sont mises sur pied pour escroquer les investisseurs. "Pour repérer ces ICO potentiellement douteuses, il existe des indices tels que la mise à disposition d’informations très parcellaires ou l’affichage d’objectifs irréalistes. Il est également conseillé de prendre ses précautions en cas de matraquage publicitaire", conclut l’autorité.

La FSMA tire la sonnette d’alarme alors qu’aucun cas de fraude n’a été détecté jusqu’à maintenant en Belgique, nous précise-t-on à la FSMA. Laquelle analyse tous les cas d’ICO dont elle a connaissance.

En revanche, du côté des Etats-Unis, des cas de fraudes sont apparus ces derniers temps.

Certains experts de la régulation s’étonnent néanmoins de la mise en garde de la FSMA, estimant qu’elle a un côté quelque peu alarmiste qui ne se justifie pas. En tout cas à ce stade. A moins que la FSMA ait estimé qu’en matière de protection du consommateur et de l’épargnant, on n’est jamais trop prudent. Dans son communiqué, la FSMA invite d’ailleurs toute personne qui a "des raisons de penser que des ICO douteuses sont proposées au public belge" de l’en aviser.