Placements / Marchés

Donald Trump a décidé de remettre en place les sanctions économiques contre l’Iran. Ce pays est un gros producteur de pétrole. D’ici 180 jours, ses relations commerciales avec les autres pays vont connaître un nouvel arrêt, et en prévision de cette annonce, le cours du pétrole a déjà enregistré une hausse. Ces décisions intempestives du président américain sont un facteur d’incertitude pour les marchés financiers. Doit-on alors se couvrir en achetant de l’or ? Un article de Money Store, le blog d'Isabelle de Laminne.

Mais avant de se tourner vers ce placement analysons son évolution dans le temps. Peut-on dire que l’or a été, sur le long terme, un investissement qui a surperformé les autres classes d’actifs ? Peut-on parier sur son évolution ? Le Crédit Suisse analyse les performances des actifs en portefeuille sur de très longues périodes. Sur base de ces études, on constate qu’entre 1900 et 2017, ce sont les actions mondiales qui ont le mieux performé parmi toutes les classes d’actifs et que l’or se situe en queue de peloton. Le métal jaune ne semble donc pas être une classe d’actifs à privilégier à long terme dans les portefeuilles. « Durant les périodes très chahutées en bourse, l’or surperforme les autres classes d’actifs mais les retours peuvent aussi être effrayants », constate Frank Vranken, Stratégiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers.

L’assurance contre les chocs boursiers a donc un prix : une volatilité importante et un rendement faible sur le long terme. Les investisseurs ont souvent tendance à oublier l’aspect volatilité par rapport au rendement et ne réalisent pas toujours à quel point le cours de l’once d’or peut fortement varier. Un investissement dans ce métal précieux n’est donc pas un long fleuve tranquille. « Le rapport entre la volatilité des actions mondiales (VIX) et la volatilité de l’or est proche de 1. Cela signifie que les volatilités des actions et de l’or sont quasi équivalentes. Il y a même eu des périodes où la volatilité de l’or a dépassé celle des actions, comme en 2013 par exemple. Il y a eu aussi des périodes où la volatilité de l’or a suivie celle des actions vers des niveaux records, comme en 2011 », note Frank Vranken.

Il ne faut perdre de vue qu’un investissement en or ne procure aucun rendement : ni coupons, ni dividendes. On ne peut donc compter que sur l’évolution de son cours. L’évolution du cours de l’once d’or est sensible à l’évolution des rendements obligataires réels, c’est-à-dire des taux d’intérêt nominaux dont on déduit le niveau de l’inflation. « Si les rendements réels augmentent, c’est pénalisant pour l’or mais si les taux d’intérêt réels sont proches de zéro, c’est favorable pour le métal jaune », ajoute Frank Vranken. Compte tenu de l’importance des réserves d’or détenues par les banques centrales, le cours de l’or est aussi lié à celui du dollar. Un dollar faible est plutôt favorable pour ce métal alors qu’un dollar fort va généralement provoquer une baisse du cours de l’once.

La détention d’or physique suppose également des frais et cet investissement est peu liquide. Une alternative est d’investir dans des ETF sur l’or. Ce placement a l’avantage d’être liquide. En ce qui concerne les mines d’or, l’investisseur se retrouve avec un risque d’entreprise et subit les aléas liés à la fois au cours de l’once et aux frais engendrés par l’activité d’extraction du métal précieux.

Si l’on peut effectivement détenir de l’or en portefeuille à titre de diversification, on ne peut pas considérer que, sur le long terme, l’or soit un bon pari d’investissement. « Nous conseillons d’être prudents sur les matières premières en général. En ce qui concerne l’or, compte tenu de sa volatilité, il convient de bien choisir son point d’entrée. Les périodes de haute volatilité sur les marchés boursiers, de krachs ou de crises comme la crise pétrolière dans les années 70 ont été favorables à cet investissement », conclut Frank Vranken. Prudence donc pour cet investissement qui n’est sans doute pas le refuge idéal !