Placements / Marchés Sa formule de "crowdlending" a déjà récolté 1,5 million : un record.

Joël Duysan est certes un agent de change belge tout ce qu’il y a de plus traditionnel, mais il est plus que conscient de la profonde mutation en cours dans le monde financier. Fort de ses années Solvay et de sa connaissance du monde de l’investissement, il a donc mis sur pied une plateforme de "crowdlending" ou financement participatif, BeeBonds, réservée aux investisseurs avertis. On parle ici de ceux qui peuvent apporter une mise minimale de 100 000 euros. Et on n’est donc pas dans le cadre d’un appel public à l’épargne.

Mais le placement proposé par Joël Duysan est de ceux qui ne laissent pas les investisseurs indifférents, et comme il l’a confié en primeur à "La Libre", le premier projet proposé a déjà récolté 1,5 million d’euros sur un objectif total de 2,5 millions, avec un taux d’intérêt annuel brut de 6 % sur une durée de 4 ans. Il reste donc 1 million à récolter, avant que BeeBonds propose de nouveaux projets. Que finance-t-on ? "Le principe est de financer des projets immobiliers, ce qui pour les investisseurs belges est clair et aisé à analyser en termes financiers : il y a une valeur, des coûts, un rendement locatif… Mais nous le savions, il y a des difficultés aussi, comme la liquidité de tels placements."

Sécurité et transparence

C’est pour cette raison que Joël Duysan a mis en place une structure sérieuse offrant transparence, sécurité et liquidité. Les projets proposés par les émetteurs sur la plateforme Beebonds sont d’abord validés par un comité de sélection dans lequel on retrouve Philippe Opsomer, une pointure du secteur immobilier en Belgique, une note d’information est ensuite réalisée par les partenaires du cabinet d’avocats Laga et soumise aux investisseurs (avertis) sur le site de la plateforme (www.beebonds.com). Si les investisseurs souhaitent participer en achetant une part de l’émission obligataire, il leur suffit de manifester leur intérêt, de recevoir en retour une information (code ISIN du produit financier) puis de la transmettre à leur banque. La banque procède ensuite à l’achat. "L’investisseur voit donc s’ajouter une ligne dans le listing de son compte-titres", explique Joël Duysan.

Mais ceci ne résout pas encore le problème de liquidité des obligations ainsi détenues… "En effet, mais pour solutionner cet autre problème récurrent des placements privés, nous proposons les parts à vendre sur Euronext, au travers de l’Expert Market. Et à ce stade, nous faisons aussi circuler l’information vers les membres de notre réseau qui peuvent alors passer un ordre d’achat." Ici aussi, la cession est effectuée dans le cadre d’un marché officiel qui valide les transactions. Il y a donc des cours de Bourse vérifiables, ce qui n’est jamais le cas dans le cadre d’investissements privés où il faut se fier à une évaluation.

"Nous avons testé le système avec succès, afin de sécuriser les candidats investisseurs. Et chaque partie prenante y trouve son compte", assure encore Joël Duysan. L’émetteur qui se finance auprès de différents investisseurs et qui bénéficie de la visibilité sur la plateforme et sur Euronext, l’investisseur sécurisé, et les intermédiaires.