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L'euro est au plus haut depuis deux ans et demi par rapport au dollar. On s'interroge sur les perspectives de l'économie américaine. Les exportateurs européens s'inquiètent.

Avec une progression de l’ordre de 12 % par rapport au dollar depuis le début de l’année, l’euro joue à nouveau l’invité surprise à la table des grands argentiers et des responsables des banques centrales européenne et américaine. Il y a une semaine, le billet vert atteignait son niveau le plus faible depuis début 2015 à 1,910 dollar pour un euro. Depuis, la fièvre est retombée (1,80 dollar hier en fin de journée) mais les tensions persistent.

1. Le paradoxe américain

Si la monnaie est bien le bulletin de santé d’un Etat, en termes macroéconomiques, les Etats-Unis ont déjà quelques longueurs d’avance par rapport à l’Europe. Avec une croissance même modérée de l’ordre de 2,6 %, les Etats-Unis font mieux que la zone euro avec ses 2 %.

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2. Les taux d’intérêt plaident pour le dollar

Au vu de la reprise, la Réserve fédérale a amorcé dès la fin 2016 une remontée progressive des taux d’intérêt. Donc, avec 1,25 % pour le dollar et toujours 0 % pour l’euro, aujourd’hui, le dollar devrait bénéficier d’un différentiel favorable et donc attirer les investisseurs. Ce qui n’est pas le cas…

3. L’euro n’est pas le seul gagnant

Si on regarde ce qui se passe ailleurs sur le marché des changes, on constate que l’euro n’est pas la monnaie la plus forte puisqu’elle s’affaiblit notamment par rapport au yen japonais. Donc, on n’assiste pas tellement à un renforcement de l’euro mais plutôt à une dépréciation du dollar.

4. Le jeu des anticipations

Pour faire court, ce qui inquiète, c’est le risque d’une petite rechute. Certes la croissance US se confirme mais elle reste modérée et si les signaux en provenance du marché de l’emploi sont plutôt positifs, par contre la masse salariale elle n’augmente pas beaucoup. Et cela se traduit aussi dans une faible inflation, reflet des dépenses modérées des consommateurs. Or, plus des deux tiers de la croissance américaine sont assurés par la consommation, le solde par les exportations.