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Wall Street alternait les passages dans le vert et le rouge jeudi peu après l'ouverture, peinant à trouver une direction au lendemain d'un plongeon qui a jeté un coup de froid sur les places financières internationales.

Vers 14H30 GMT, l'indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones Industrial Average, perdait 0,20%, à 25.548,43 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, progressait de 0,06% à 7.426,51 points.

L'indice élargi S&P 500 lâchait 0,33% à 2.776,50 points.

Un parfum d'affolement 

Mercredi, la Bourse de New York avait retrouvé un parfum d'affolement pas vu depuis le début de l'année, précipitée dans sa chute par une déroute des valeurs technologiques dans un contexte de hausse des taux d'intérêt: le Dow Jones (-3,15%) et le S&P 500 (-3,29%) ont subi leur pire baisse depuis février, et le Nasdaq (-4,08%) sa pire sortie de route depuis deux ans.

"Le marché des actions a connu l'une de ces journées terribles, horribles" mercredi, a commenté Patrick O'Hare de Briefing.

Ce plongeon a été accéléré par la chute des valeurs technologiques, les sociétés de ce secteur ayant réalisé leur plus mauvaise performance sur une séance depuis sept ans.

Ces entreprises de forte croissance, à l'origine de la plupart des récents records à Wall Street, se reprenaient jeudi peu après l'ouverture.

L'hésitation des investisseurs face à ce secteur s'inscrit dans un contexte d'incertitude sur les futures hausses de taux d'intérêt de la Banque centrale américaine (Fed), les acteurs du marché ayant vécu durant des années dans un environnement de crédit très bon marché.

Ces derniers "ont du mal à digérer la possibilité d'une Fed plus énergique" dans son processus de hausse des taux, a commenté Sam Stovall de CFRA.

'Trop agressive'

Ces craintes se matérialisent y compris au sommet du pouvoir où le président américain Donald Trump a de nouveau vivement critiqué la Fed jeudi, l'accusant d'être "trop agressive" dans ses hausses de taux après avoir affirmé la veille qu'elle était "tombée sur la tête". Des sorties extrêmement rares de la part d'un président, eu égard à l'indépendance de l'institution.

Donald Trump "ne dicte pas sa politique à la Fed", a toutefois tenté de déminer jeudi son principal conseiller économique, Larry Kudlow, sur la chaîne CNBC.

La perspective des hausses de taux de la Fed pèse sur le marché obligataire américain où le taux d'emprunt à 10 ans évoluait jeudi à 3,177% contre 3,163% la veille à la clôture, et celui à 30 ans à 3,352% contre 3,348% mercredi soir.

La hausse de ces taux pèse sur les comptes des entreprises. Elle présente également une alternative de plus en plus rémunératrice au marché des actions pour les investisseurs en quête de rendement et de sécurité dans leur investissement.

Les craintes légèrement apaisées

Deux indicateurs sont venus apaiser jeudi les craintes de hausse de l'inflation américaine, l'un des principaux facteurs qui encourage la Fed à monter ses taux.

L'indice des prix à la consommation (CPI) en septembre a marqué le pas du fait d'un recul des coûts de l'énergie et les demandes d'allocations hebdomadaires au chômage ont augmenté à la surprise des analystes.

Parmi les valeurs du jour, Delta Air Lines (+4,81%) a annoncé jeudi un bond de ses bénéfices trimestriels, alimenté par une hausse du trafic aérien ayant encouragé la compagnie aérienne à augmenter les prix des billets d'avion.

Le groupe Square, spécialisé dans le paiement électronique, lâchait 10,0%. Le groupe a annoncé mercredi le départ à la fin de l'année de sa directrice financière Sarah Friar, qui va prendre la tête du réseau social Nextdoor.

Apple (+0,24%) va racheter une partie de son fournisseur de puces Dialog Semiconductor dans une opération à 600 millions de dollars.

A l'instar du géant technologique, l'ensemble des valeurs de ce secteurs étaient attentivement observées après leur plongeon de la veille: Twitter prenait 1,38%, Facebook 0,94% et Snap 2,43%.