La mobilité dépasse le cadre des transports

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Salon de l'Auto

Une contribution d'Yves de Partz, auteur du blog "En voiture Simone!".

La mobilité reste un sujet très sensible, notamment aux yeux des automobilistes. Le débat dépasse pourtant largement le secteur des transports.

Qui en a entendu parler en Belgique? La dernière "Journée mondiale de l’habitat", organisée chaque 1er lundi d’octobre sous l’égide des Nations Unies, avait pour thème la mobilité urbaine. Commentaire des organisateurs: " la mobilité signifie plus que simplement le mode de transport que nous utilisons. La planification et le design urbains doivent se concentrer sur la façon de réunir les gens, de créer des villes qui mettent l’accent sur l’accessibilité avec des densités urbaines optimales, plutôt que de simplement augmenter la longueur des infrastructures de transport urbain".

Le débat interpelle, à l’image des nombreux commentaires des internautes inspirés par l’article "Repenser la mobilité sans a priori" (1). Les solutions passent notamment par une meilleure gestion des transports privés et publics. L’occasion pour des lecteurs de fustiger une politique délibérément anti-voitures du monde politique manquant par ailleurs de vision d’ensemble, mais aussi de formuler des suggestions concrètes: un super grand ring par exemple éliminant le trafic de transit à Bruxelles et reliant les autoroutes E40, E19, E411 et A12 via Louvain, Malines, Alost, Ninove, Nivelles et Wavre.

On n’évitera pas non plus dans les grandes villes une remise en question partielle des habitudes des automobilistes appelés, pour réduire la congestion, à faire preuve d’imagination pour choisir en toutes circonstances le mode de déplacement le plus adéquat. Quitte à soupçonner l’auteur de ces lignes d’appartenir à la "gauche pastèque".

"Sans remonter au déluge, rappelle un autre internaute, chaque village avait encore, il y a 20 ou 30 ans, des écoles communales rejointes à pied, des commerces locaux accessibles à tous sans véhicules, des livreurs à domicile et des transports publics performants et réguliers. La question est de savoir comment revenir à des commerces et autres facilités de proximité?"

Depuis et en plus d’une prise de conscience environnementale liée au trafic urbain (effets des particules fines diesel…), d’autres phénomènes sociaux ont fait leur apparition, remettant en cause l’habitat mais aussi les besoins de mobilité: émergence de nouvelles classes moyennes et développement des maisons individuelles hors ville, coût en hausse du logement urbain, aménagement de grands centres commerciaux en ville et en périphérie, concentration des entreprises, des administrations et des écoles.

S’y sont ajoutées de nouvelles normes familiales, entre enfants gardés en alternance, familles monoparentales ou recomposées, jeunes vivant en cohabitation ou espérance de vie des séniors allongées. Autant de paramètres qui influencent l’habitat et les modes de déplacement.

Nous voilà loin des débats pro ou anti-voitures qui fleurissent à chaque Salon de l’auto. Comme le soulignent les organisateurs de la dernière Journée de l’habitat, la planification et le design urbain prennent le pas sur un simple allongement des infrastructures de transport urbain. Un sujet qui concerne nos édiles censés avoir des vues sur le long terme mais aussi chaque individu dont le choix d’un habitat et de modes de transport appropriés influencera la qualité de vie aujourd’hui et surtout dans le futur où la concentration urbaine ne fera que s’accentuer.

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