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Un stage de stylisme l'été à Libramont
Par Claude De Vos
Mis en ligne le 05/06/2008
Cela fait 46 ans que l’Académie Internationale d’Eté de Wallonie (AKDT) permet de découvrir le théâtre, la musique, la danse, le stylisme parmi les 150 stages encadrés par des professionnels en résidence à Neufchâteau ou à Libramont. Et 12 ans que La Cambre y est présente. Cette année, Solange Thiry animera un stage de maille et deux anciennes étudiantes, Maïa Van Daele et Amandine Labidoire proposeront leur vision du stylisme.
Pour vous, ce sera votre 1re expérience d’enseignement… Un joli défi non ?
Amandine Labidoire / L’idée m’a séduite d’emblée. Je trouvais ça intéressant d’aborder les choses d’une manière plus simple, d’essayer d’aller à l’essentiel. En plus, à Libramont, le stage se déroule dans un cadre enthousiasmant. Maïa et moi avons terminé nos études en même temps et nous nous connaissons bien. A deux, on aura le loisir de prendre plus de stagiaires.
Vous allez vous y prendre comment pour aller à l’essentiel ?
On va essayer de donner rapidement aux stagiaires une initiation à la notion de patronage pour qu’ils comprennent comment on crée un vêtement sur base d’un exercice de construction d’un volume en carton habillant le corps avec découpages, collages, emboîtages. Cette structure sera le point de départ à la création d’un vêtement original, généreux dans les formes et les matières. Chaque élève aura ensuite la possibilité de « customiser » sa silhouette par une recherche d’embellissement des matières, broderies, dessin sur tissu, etc. Ce sera assez libre.
Que peut-on vraiment transmettre en une semaine ?
Maïa Van Daele / C’est une initiation : nous allons essayer de communiquer les bases techniques. Quand je suis arrivée à La Cambre, je ne m’attendais pas du tout à aborder le stylisme de cette manière. On travaillait le volume autour du corps de manière très exagérée afin de se défaire des habitudes et des idées préconçues que l’on a. On n’a pas commencé par le vêtement proprement dit. On nous a d’abord appris à sortir des clichés existants sur le stylisme, la mode. C’était assez étrange comme début mais, en même temps, ça nous a vraiment libérés et apporté un regard neuf en 1re année pour pouvoir aborder, par la suite, toutes les autres années.
Amandine /On va se baser sur nos souvenirs ! Ce sont de très bons exercices mais qui risquent de surprendre. Peut-être que les élèves ne s’attendent pas à cela comme nous à l’époque ! Ils s’attendent peut-être à apprendre à faire une jupe ou un pantalon. On fera bien évidemment un exercice technique de patronage pour comprendre le principe de base pour faire un vêtement mais on ne va pas faire de la couture ni de la technique. Au niveau du mode de construction, ce sera un peu du bricolage, sans que ce soit péjoratif, au contraire, c’est assez joyeux ! On peut vraiment avoir un résultat satisfaisant qui donne plaisir à voir et à faire même en cousant grossièrement à la main, en agrafant ou en scotchant. Le but est de les amener à trouver plein de solutions pour créer quelque chose qui soit surprenant.
Solange, pourquoi ce nouveau stage ?
Solange Thiry/ Tony Delcampe et moi-même avons encadré le stage de stylisme à l’AKDT pendant de nombreuses années. Beaucoup de futurs étudiants de La Cambre s’y inscrivaient dans le but de se familiariser avec nous… puisque nous faisions aussi passer les examens d’admission de La Cambre. On a trouvé que ce n’était pas juste pour tous les autres. En plus, ces stages sont vraiment ouverts à tous. On s’est renouvelé en proposant à deux de nos anciennes étudiantes de reprendre le stage de stylisme. Quant à moi, je propose tout à fait autre chose.
Vous donnerez cours avec votre sœur…
Oui, ma sœur et moi avons appris le crochet et le tricot en Corée avec notre maman. On a toujours adoré faire ça. Sophie s’est encore plus spécialisée que moi dans toutes les techniques d’ouvrage à la main : tricot, crochet, dentelle, tissage. On trouve que c’est quelque chose qui s’est un peu perdu. Moi, j’ai une passion pour la déco, les objets. Ensemble, on s’est dit qu’il y avait matière à proposer un stage intéressant.
Quel sera le programme de ce stage ?
Ce sera un stage de recherches plastiques avec comme médium de prédilection, le fil qu’il soit de laine, de lin, de coton, de soie, de cuir, enduit, effiloché, souple ou dur, brillant ou mat, soyeux ou rêche… Grâce à l’utilisation de techniques, combinées ou non, comme le crochet, le tricot ou la broderie, on peut rendre à ce fil du volume, de la matière, de la couleur et se déployer dans l’espace. Ce sera une véritable expression artistique. On accueillera aussi bien les débutants que ceux et celles qui ont déjà une certaine maîtrise.
Les stagiaires reviennent à Libramont d’année en année…
Oui, c’est tellement chaleureux ! L’AKDT permet aux gens qui partagent un intérêt commun par rapport à la création de se rencontrer. Il y en a qui font des stages depuis 10-15 ans et reviennent chaque année soit pour des stages différents, soit pour le même. Ils aiment dormir sur place en internat ou bien dans les environs chez l’habitant. Il y a une ambiance qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
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