![]() |
"L'enjeu? C'est carrément la destruction de l'Irak"
Est-ce qu'il y a, comme dans la religion catholique, une sorte d'autorité suprême au sommet du clergé chiite, un pape chiite? Les membres du clergé qui détiennent un pouvoir spirituel sont désignés, effectivement, un petit peu comme dans la hiérarchie catholique. Ils doivent passer par différents enseignements et donc il y a une hiérarchie selon le degré de connaissances. Celui qui , pour faire la comparaison avec la religion catholique, serait le pape, celui qui a la place la plus élevée est désigné par ses pairs. Dans le chiisme il y a ceux qui sont désignés comme les savants les plus élevés, ceux que l'on appelle ayatollah ozma ou "le plus grand des ayatollah". Il y a donc un clergé que l'on pourrait appeler international. À son sommet, il y a l'ayatollah suprême. On peut en avoir un seul ou plusieurs. Il peut être en Irak, en Iran, comme il peut être au Liban, selon les circonstances. Il n'est pas nécessaire que chaque pays ait son ayatollah suprême.
Les Chiites mêlent-ils toujours pouvoir politique et pouvoir religieux comme en Iran? Il faut revenir aux premiers jours de l'islam, avec les premiers imams. Ceux-ci n'ont pas exercé la direction politique. Ils étaient presque toujours cachés. Il donnait plutôt une direction sprituelle.
On parle souvent de culte du martyr dans la communauté chiite. D'où cela vient-il? La culture du martyr est liée en particulier aux destins tragiques de deux imams: Ali et Hussein, l'un des fils d'Ali. Ces deux imams ont été assassinés dans des conditions atroces. Les Chiites pleurent et commémorent ses morts tous les ans. Et parfois dans des situation sassez tragique, se flagellant, se poignardant, en tout cas parfois de manière très violente. Donc, effectivement s'est développé dans le chiisme un culte du martyre et de l'auto-punition. |