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Album "Konk" (Virgin/EMI). Dimanche 6 juillet à 16h40 sur la grande scène de Rock Werchter.
Rock - festival de werchter
The Kooks, bande de jeunes Konk
PASCAL DE GENDT
Mis en ligne le 03/07/2008
ENTRETIEN
Il y a deux ans, comme deux millions d'autres personnes, nous avions succombé le temps d'un été aux charmes de Inside In/Inside Out, le premier album des Kooks. Oh, rien de vraiment transcendant, juste les plaisirs simples que peuvent procurer l'écoute de chansons brit-pop bien foutues. Pas aussi excitantes que celles des Arctic Monkeys mais fraîches comme un glaçon dans le pastis.
Une tournée mondiale plus loin, qui les a vus notamment assurer l'ouverture de certains concerts des Rolling Stones, les Kooks ne sont plus ce petit groupe venu de nulle part, si ce n'est de Brighton, que personne n'attendait vraiment. Et leur deuxième album, Konk, était très attendu par une horde de fans qui ne l'ont, au vu des réactions lues à gauche et à droite sur le net, que moyennement apprécié. Il est vrai que l'effet de surprise est passé et que, sans être inaudible, l'album manque de compositions marquantes.
C'est donc sur scène que les Kooks s'apprêtent à démontrer qu'ils n'étaient pas juste le groupe d'un seul album. En attendant leur passage à Werchter, discutons un peu avec le guitariste Hugh Harris.
Deux ans après le succès du premier album, êtes-vous devenu quelqu'un de différent ?
Tout le groupe a changé. Nous étions des adolescents, nos âges se situaient entre 16 et 20 ans. Déjà, c'est un âge où on change beaucoup. Le succès de l'album nous a sans doute fait évoluer encore plus vite.
Cela a changé votre vision de votre métier de musicien, d'artiste ?
Non, pas vraiment. Le business qui entoure la musique a beaucoup changé mais mon amour pour elle reste le même. J'ai découvert certains trucs. Avant que l'on soit signés, je n'aurais jamais imaginé que notre maison de disque serait une "major", c'était comme le démon. Mais voilà, on l'a fait. Et je comprends pourquoi : si tu veux faire partager ta création, il faut une structure qui a des moyens et Virgin les a. Ce qui nous a réconfortés, c'est que les gens avec qui on travaille ne se sont jamais comportés avec nous comme si nous étions juste un tiroir-caisse.
Je vous posais cette question parce qu'il y a deux ans, votre discours était que vous préfériez la position d'outsider plutôt que de leader. Aujourd'hui, vous n'êtes plus du tout des outsiders, beaucoup de monde attendait votre album.
C'est vrai que la position d'outsider nous préservait de choses comme la pression ou l'exposition. Nous ne pouvions pas prévoir que notre premier album plairait à tant de monde, ce n'était pas l'objectif. Mais tant mieux si cela a été le cas. Toutefois, ce n'est pas parce que nous ne sommes plus des "underdogs" que nous allons réfléchir autrement. On continuera à jouer ce qui nous plaît.
L'album porte le nom du Konk, le studio de Ray Davis (The Kinks) où il a été enregistré. Pour quelle raison particulière avez-vous choisi ce studio ?
C'est le meilleur studio de Londres, à mon avis. Il y en a beaucoup dans cette ville et ils se ressemblent plus ou moins tous, mais Konk, c'est Konk, il n'y a pas d'équivalent. C'est comme s'il n'avait plus bougé depuis les années '70, il a une atmosphère qui lui est propre, ce n'est pas devenu une usine à technologies durant les années '80 comme beaucoup d'autres studios. Avant le premier jour de studio, on se posait beaucoup de questions sur les nouvelles compositions. Mais à la fin de ce premier jour, on était certains que nous avions joué les bonnes chansons au bon endroit. Ca collait.
"Inside In/Inside Out" avait été enregistré de manière très simple, pratiquement en live. Vous avez gardé la même manière de faire ?
Nous avons gardé la même philosophie, car c'est le meilleur moyen de capturer une alchimie, les interactions entre musiciens sur un album. Je pense que c'est important. Mes albums préférés sont ceux où tu peux capter la communication musicale entre les membres d'un groupe. C'est aussi mieux, tu es plus impliqué que si tu dois attendre ton tour pour jouer tes notes tout seul dans une cabine. Je ne pense pas que je pourrais travailler comme cela.
Même méthode et même producteur, Tony Hoffer, n'aviez-vous pas craint d'enregistrer un deuxième "Inside In/Inside Out" ?
Oui, nous y avons pensé. Mais chacun de nous avait pas mal évolué à un niveau personnel ainsi qu'en ce qui concerne nos aptitudes musicales. Nous avons pu aller plus loin, emmener des morceaux là on ne pouvait pas le faire il y a deux ou trois ans. C'était très enthousiasmant de découvrir cette progression de chaque membre du groupe.
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