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Musique
Le hip-hop dans l'antre rock
Dominique Simonet
Mis en ligne le 04/07/2008
Un rayon de soleil, ça change tout. Surtout dans un festival de plein air. En cet après-midi brabançonne, ceux qui n'ont pas envie de se confronter à ces brise-tympans de Slayer s'étendent sur l'herbe, dont il reste quelques carrés non dévastés près du Pyramid Marquee. Sur la grande scène, le menu du jour est particulièrement corsé: metal, neo-punk, hip-hop, pop rock à la sauce anglaise, country rock à la sauvage et, pour finir, electro. Un vrai collage cubiste. Une pièce fait cependant défection en dernière minute. On savait leur leader, Pete Doherty, empêtré dans les problèmes personnels. Les Babyshambles a jeté l'éponge, remplacé en dernière minute par ceux qui avaient fait l'ouverture jeudi, Air Traffic. Gentille pop à l'anglaise, ils sont de Bournemouth, station balnéaire du sud du pays, où ils répétaient à côté de l'aéroport, d'où leur nom. Couvrir le bruit des réacteurs par celui des guitares Fender est leur principe. Et ça marche: un gros quadrimoteur vire sur l'aile quasi au-dessus de la scène de Werchter, et vous savez quoi, on ne l'entend pas!
On ne l'aurait pas entendu non plus avec Slayer, les métalleux qui précédaient. Tondus ou chevelus, barbus, et même joufflus, ils cumulent tous les clichés du genre. Les tatoués déclenchent quelques mouvements de foule sans gravité.
La surprise du chef, c'est la présence de Shawn Carter, alias Jay-Z, rappeur et homme d'affaires. On s'en étonne moins quand on sait que, comme Madonna, il a signé un contrat phonographique avec Live Nation, qui organise Rock Werchter. Sa présence a suscité la polémique déjà à Glastonbury, où Noel Gallagher, chanteur d'Oasis, s'est plaint. Et Jay-Z de répliquer en ouvrant son concert par "Wonderwall", le hit d' Oasis. Il n'avait pas besoin de ça ici. Entouré de nombreux musicos, dont une section cuivres, avec tout le monde portant cravate, pantalon et gilet noirs sur chemise blanche, Carter joue les bad boys en jeans, T-shirt à croix et tête de mort, chaînes en or, tout l'attirail d'usage. Eh bien, il dégage, le Jay-Z, surfant allègrement sur les vagues R'n'B... jazzy et hip-hop hardcore west coast. Emaillant son show de reprises comme "Rehab" d'Amy Winehouse ou "Umbrella" de Rihanna, il aligne vingt-six morceaux. Fête.
Content d'être là entre les grands Jay-Z et Neil Young, Richard Ashcroft, T-shirt canari, n'a rien perdu de son charisme. Reformé, the Verve avance de nouveaux titres, comme le simple "Love is Noise", et le classique "Bitter Sweet Symphony" avec un Ashcroft toujours aussi halluciné. Dans "Sit and Wonder", il chante "Bring me some light". The Verve est bien de retour.
© La Libre Belgique 2008
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