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Solidarité - SANTÉ
Refuser les maladies de la pauvreté
Laurence Dardenne
Mis en ligne le 28/01/2005
Un homme tousse. Une voix dit: «Ceci est un malade, atteint de tuberculose». Un blanc suit. Et la voix intervient à nouveau: «Ceci est une victime de la tuberculose». En radio, un bref message suffit parfois à frapper les esprits. Chaque année, cette maladie touche 8 à 10 millions de personnes dans le monde et fait 2 à 3 millions de victimes.
Et si la tuberculose tue, la lèpre, elle, mutile. Atrocement le plus souvent. Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait promis l'éradication de la maladie pour 2000, puis pour 2005, on compte encore chaque année entre 600000 à 800000 nouveaux malades, dont 12 pc d'enfants et dont beaucoup de cas, diagnostiqués trop tard, souffriront de séquelles.
Selon les spécialistes, 10 à 30pc des malades ont déjà une paralysie au moment du diagnostic, avec de forts risques de la garder si le nerf est lésé. Lorsque les paupières sont paralysées et l'oeil non humidifié, le malade peut perdre la vue. Inutile d'insister sur la nécessité d'un dépistage précoce, avant l'apparition des lésions. Guérissable, la lèpre n'est donc pas encore éradiquée. Loin de là. Si l'Inde, le Brésil et Madagascar restent les plus touchés, la maladie sévit encore dans une soixantaine de pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.
Un combat vieux de 40 ans
Alors que les appels à la générosité du public n'ont pas manqué ces derniers temps, notamment lors de l'opération «Tsunami 12-12» et ou des «Îles de Paix», la Fondation Damien poursuit le combat qu'elle mène depuis plus de 40 ans, en luttant contre ces deux maladies de la pauvreté que sont la lèpre et la tuberculose.
Ces 28, 29 et 30 janvier aura effectivement lieu la campagne annuelle de récolte de fonds destinés à financer des projets de lutte contre la lèpre et la tuberculose menés dans dix-sept pays répartis sur trois continents. «Il s'agit de projets à long terme, avec du personnel local mais dans un cadre international», explique la porte-parole de la Fondation, Carla Reynders, rappelant que la Fondation soutient également la recherche scientifique, en finançant des projets visant à réduire la durée du traitement des maladies de la pauvreté ou à développer des méthodes de dépistage plus efficaces. En 2003, la Fondation a dépisté et traité près de 212000 nouveaux malades: 73437 lépreux, 134707 tuberculeux et 3579 victimes de la leishmaniose (la lèpre des montagnes).
40 euros pour une vie
Pour l'heure, le message de la campagne, qui se décline en spots télévisés et en affiches, est «40 euros pour une vie», soit le prix moyen d'un traitement, qu'il s'agisse de la lèpre ou de la tuberculose. En ce qui concerne la lèpre, un traitement associant trois antibiotiques, mis au point au début des années 80, a permis de guérir plus de 13 millions de malades.
Pendant ces trois journées, des milliers de bénévoles vendront des nouveaux marqueurs à encre gel, au prix de 5 euros la pochette de quatre. Le public sera également invité à faire un don sur le compte bancaire de la Fondation Damien, 000-0000075-75.
© La Libre Belgique 2005
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