La Libre.be > Culture > Arts visuels > Article
Art - EXPOSITION
Merveilles de l'art roman, au Louvre
GUY DUPLAT
Mis en ligne le 16/03/2005
ENVOYÉ SPÉCIAL À PARIS
Bien sûr, l'art roman s'apprécie encore davantage, en découvrant au détour d'une colline l'église de Conques et son sublime portail, ou Vezelay et la vue sur les plaines de Bourgogne ou les sculptures d'Autun. Mais les musées regorgent aussi de magnifiques pièces romanes, qui curieusement, n'avaient jamais été rassemblées pour une exposition d'ensemble sur la France romane. Le musée du Louvre vient très heureusement de couvrir cette lacune en présentant «L'art roman en France de 987 à 1152», c'est-à-dire entre l'avènement d'Hugues Capet, début d'une dynastie construite sur les ruines de l'empire carolingien, et la répudiation d'Aliénor d'Aquitaine par Louis VII, moment qui marque le début des guerres entres Capétiens et Plantagenêts.
Plus de 300 oeuvres sont exposées. Essentiellement religieuses, certes, mais pas seulement. On verra ainsi un des tout premiers jeux d'échecs et un jeu de trictrac, l'ancêtre du jacquet. L'expo reflète la vie de l'époque, les grands pèlerinages, l'influence des croisades, les apports byzantin et musulman, le culte des reliques, etc. Il n'y eut pas un seul art roman mais bien de nombreuses écoles selon les régions de France.
Gislebertus d'Autun
Parmi toutes ces pièces, des chefs-d'oeuvre. Des chapiteaux historiés magnifiques comme celui montrant Daniel dans la fosse aux lions, songeur et accroupi ou celui du roi Hérode tenant par le menton Salomé après sa danse, ou encore une bien curieuse «dispute» où deux hommes unijambistes se tiennent par la barbichette.
Chefs-d'oeuvre aussi que ces statues-reliquaires dont le plus bel exemple (absent au Louvre) est bien sûr la statue de ste Foy, du trésor de Conques. Le Louvre nous en donne trois superbes exemples: grandes statues de bois, d'un demi-corps, recouvertes d'argent et d'or et qui servaient de récipients pour les reliques. Des amorces des grandes sculptures à venir.
L'émaillerie n'est pas en reste avec l'ange de st Sulpice -les-Feuilles à l'incroyable finesse. Ou encore la série des vieillards de l'apocalypse en ivoire ou les vitraux dont une ascension tout en longueur et en finesse, préfigurant les longues figures du Greco. Et les nombreux manuscrits enluminés révélant une grande liberté dans les thèmes et dans les factures.
Tout n'est pas de cette veine dans l'expo, mais les dizaines de chefs-d'oeuvre qu'on y voit permettent de redécouvrir, pour autant que de besoin, cet art roman qui, loin d'être plus naïf ou plus primitif, a une élégance et une grâce formidable. L'histoire a d'ailleurs retenu les noms de quelques-uns de ces artistes comme Gislebertus d'Autun dont on verra un «ravissement de la Madeleine».
«La France romane, au temps des premiers Capétiens, 987-1152», au Louvre, jusqu'au 6 juin, tous les jours, sauf mardi, de 9h à 17h30 et jusqu'à 21h30, les mercredi et vendredi.
XIIe siècle.
© La Libre Belgique 2005



La Xbox One se fait moins...
Ferrari prépare Monaco à...
Emilie De Forest: 'Je suis la plus...
Victoire du Danemark à l'Eurovision