Mardi 9 fév 2010

Social

Le pointage supprimé pour le nouvel an

R.C.

Mis en ligne le 08/06/2005

A partir du 15 décembre 2005, le système de pointage communal sera complètement désactivé. La banque Carrefour tiendra la comptabilité des chômeurs. La suppression du pointage était la contrepartie au contrôle des chômeurs.

A partir du 1er janvier 2006, les chômeurs seront dispensés de pointage communal. C'est ce qu'a confirmé la ministre fédéral de l'Emploi, Freya Van den Bossche (SP.A), en réponse à une question du parlementaire CDH, Benoît Drèze. Cette date doit permettre à toutes les Régions de basculer en même temps dans un nouveau système informatique. La suppression du pointage communal prive, en effet, les Régions d'un outil de comptage des chômeurs, même si ces données peuvent être fournies par l'Onem car c'est l'Office qui verse les allocations de chômage. Cela étant, si certaines Régions -la Flandre, notamment- sont en passe de finaliser l'implémentation d'un nouvel outil d'enregistrement des données, d'autres -comme la Région bruxelloise- accusent du retard. D'où, et même si la loi abolissant le pointage stipulait le 31 décembre 2005, comme date butoir, une suppression générale et un nouveau départ en choeur à partir du 1erjanvier 2006. A cette date-là, ce sera la banque Carrefour (réseau d'échange électronique de données entre les différentes institutions de la Sécurité sociale) qui fera office de boulier compteur.

Donnant donnant

Enfin, soupireront donc ceux qui attendaient de pied ferme cette suppression du pointage. Car la fin du pointage constituait en quelque sorte la contre-partie du dispositif du contrôle de disponibilité des chômeurs -qui lui est en vigueur depuis juillet 2004- cher à l'ex-ministre fédéral de l'Emploi, Frank Vandenbroeck (SP.A). Pour Freya Van den Bossche, le retard pris dans ce dossier s'explique par les problèmes techniques alors que le groupe de travail composé de représentants des offices régionaux de l'emploi et de la banque Carrefour s'activait à poursuivre l'analyse des problèmes. Pour rappel, la déclaration gouvernementale de 2003 remplaçait le pointage des chômeurs et la suppression de l'article 80 par des contrôles accrus de l'Onem. Avec, d'une part, en finir avec l'objectif initial du dispositif de pointage auprès des communes -à savoir empêcher les chômeurs de travailler au noir- considéré comme obsolète. Et d'autre part, infléchir la courbe ascendante des chômeurs par une politique volontariste d'activation des sans-emplois. Restait toutefois le problème de maintenir des statistiques à jours -histoire sans doute d'évaluer cette politique d'activation- car le pointage permet, en effet, de récolter des données fiables sur le taux de chômage.

Un problème auquel les communes sont pour leur part moins sensibles, elles qui pointaient surtout les coûts élevés qu'entraîne l'organisation du pointage pour des finances communales généralement anémiques. Lors d'une tentative unilatérale d'abolir le pointage des chômeurs (et qui a fait long feu), la commune de Liège avait soulevé que rien que pour une ville comme la Cité ardente, qui compte 15000 chômeurs, cette tâche mobilisait au moins 7 agents. Soit une dépense d'environ 496000 euros par an.

© La Libre Belgique 2005

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