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Consommation
Le Pain quotidien ne faiblit pas
A.Ma.
Mis en ligne le 10/11/2005
J'ai commencé rue Antoine Dansaert à Bruxelles et comme je n'avais pas fait procéder à une enquête commodo-incommodo, je fus condamné pour atelier de boulangerie clandestin», raconte Alain Coumont, le fondateur du Pain quotidien. «A l'époque, j'étais propriétaire du café du Dôme, place Rogier. J'ai commencé avec un employé à mi-temps, j'étais l'homme orchestre pour 2 hommes. Nous cuisions une fournée de pains pour deux jours...»
C'était en 1990, le 26 octobre précisément. Quinze ans après, Le Pain quotidien a bien «monté» avec 58 magasins dans 9 pays dont le tout dernier-né - depuis dimanche - à Dubaï, 900 personnes qui travaillent sous cette marque à travers le monde dont 300 en Belgique et entre 450 et 500 aux Etats-Unis. Et l'ambition d'ouvrir de 10 à 15 unités par an.
En dépit de cette expansion, le concept initial n'a pas changé. «Le Pain quotidien, c'est comme prendre un petit-déjeuner à la ferme», explique Alain Coumont. Un magasin et une table pour consommer sur place. Un concept urbain qui allie simplicité et convivialité autour d'une table et d'une sélection de pains - dont le fameux pain au levain -, auxquels sont venus s'ajouter pâtisseries, salades et tartines qui remettent au goût du jour les saveurs d'autrefois.
Et du bio...
Pendant 4 ans, Alain Coumont a développé seul le concept jusqu'à atteindre dix magasins. En 1994, l'enseigne LPQ est reprise en Belgique par un groupe formé autour de la famille Van de Kerkhove (spécialisée dans la boulangerie industrielle). Ce groupe assure le relais jusqu'en 2003 avec, à l'arrivée, une vingtaine de magasins. La marque est alors revendue à PQ Licensing (société privée avec actionnaires privés sans ouverture du capital au public prévue), le groupe conservant la licence pour la Belgique. A l'heure actuelle, le groupe Vandan exploite 22 magasins en Belgique, dont 10 à Bruxelles (5 en propre et 17 en franchise pour un chiffre d'affaires global de 12 millions d'euros, celui de la boulangerie s'élevant à 5 millions) et possède aussi la manufacture de Ninove qui les achalande, et notamment en pains bio depuis deux semaines.
«Nous avons mis plus d'un an pour arriver au pain bio à Ninove et avons investi 6 millions», précise Filip Danneels, CEO de Vandan. L'avenir passe en Belgique, à un horizon de 5 ans, par une croissance organique avec une optimalisation et, dans la mesure du possible, un agrandissement des surfaces mais aussi l'ouverture de deux nouveaux points de vente par an. Prochaine ouverture début 2006 dans le centre de Gand.
L'Asie dans le pipeline
En 15 ans, Le Pain quotidien s'est établi aux Etats-Unis - Alain Coumont rêvait de New York -, en France, mais aussi en Italie, en Suisse, en Grande-Bretagne, au Liban, Koweït et à Dubaï (Emirats arabes unis). Le concept s'est étendu via des master franchises par ville, région, pays ou plus (comme le Moyen-Orient).
«Le master franchisé doit être un vrai entrepreneur, doit pouvoir ouvrir 15 à 20 unités dans les 5 à 6 ans et donc disposer en cash de 2 à 3 millions d'euros», assure Thomas Meisser, CEO de PQ Licensing et ex-administrateur délégué de Quick. En 2006, le chiffre d'affaires devrait dépasser la barre des 50 millions et 15 nouveaux magasins sont prévus. «Istanbul ouvrira l'an prochain, nous sommes en négociation pour Moscou», explique Thomas Meisser. Egalement dans les plans, l'Espagne et les Pays-Bas. Et l'Asie? «Nous aimerions y être présents d'ici 2, 3 ans, au Japon, à Hong Kong ou en Chine, à Shanghai.» Si Alain Coumont se définit lui-même comme un «art director», il définit aussi ceux qui travaillent pour Le Pain quotidien comme des «fermiers qui ont un peu voyagé»...
© La Libre Belgique 2005
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