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Irak / Etats-Unis
George Bush écarte tout calendrier de retrait des troupes
STÉPHANIE FONTENOY
Mis en ligne le 01/12/2005
CORRESPONDANTE À NEW YORK
Attaqué au Congrès et désavoué par deux tiers de l'opinion publique américaine sur sa politique en Irak, George W. Bush est monté au créneau mercredi pour répondre à la critique. Dans un discours pompeusement intitulé «Plan pour la Victoire», le Président tente de reprendre la main sur le sujet épineux du retrait des troupes d'Irak. «Les décisions concernant le niveau des troupes dépendront des conditions sur le terrain, et non de calendriers artificiels établis par des hommes politiques à Washington», a affirmé le Président. «Les troupes américaines resteront en Irak aussi longtemps que nécessaire pour mener à bien leur mission», a martelé le Président Bush devant les élèves de l'académie navale d'Annapolis, dans le Maryland.
Alors que de plus en plus de voix s'élèvent des rangs mêmes du Parti républicain pour demander un calendrier précis pour le retrait progressif des effectifs américains d'Irak, le plan avancé par George W. Bush risque d'en décevoir plus d'un.
Si la Maison-Blanche envisage une modification du niveau des troupes américaines en Irak en 2006, elle le fait au conditionnel, en fonction de l'état de préparation des forces irakiennes pour assurer la sécurité de leur pays. Lors d'une conférence de presse mardi, George W.Bush a d'ailleurs assuré qu'il s'en remettait au commandement militaire sur le terrain pour prendre les décisions. «S'ils me disent que nous avons besoin de plus de soldats, je fournirai plus de soldats. S'ils me disent qu'on en a assez, on maintiendra leur nombre, s'ils me disent que les Irakiens sont prêts à prendre de plus en plus de responsabilités et que nous pouvons rapatrier des Américains, je le ferai.»
Dans un long développement, George W.Bush a par ailleurs cherché à convaincre l'opinion publique que la formation des forces irakiennes portait ses fruits, tout en reconnaissant qu'il s'agissait d'un travail de longue haleine. «A cette période l'an dernier, il n'y avait qu'une poignée de bataillons irakiens prêts pour le combat. Maintenant il y a plus de 120 bataillons de police et de militaires engagés dans la lutte contre les terroristes.»
Le Président, qui a décidé d'envahir l'Irak en mars 2003, considère toujours qu'un retrait immédiat des troupes serait une «énorme» et «terrible» erreur, et qu'il enverrait un signal négatif aux terroristes. «L'Amérique ne pliera pas devant des poseurs de bombes et des assassins tant que je serai votre commandant en chef», a-t-il affirmé mercredi.
A la suite de l'appel du représentant démocrate John Murtha, ancien vétéran du Vietnam, pour un retrait des troupes dans les six mois, le débat s'est sévèrement envenimé ces dernières semaines à Washington. Le nombre d'Américains qui soutiennent l'action de George W. Bush en Irak n'est plus que de 35pc, selon un sondage Gallup.
© La Libre Belgique 2005
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