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Népal
Une nouvelle spirale de violences
(AFP)
Mis en ligne le 23/01/2006
Le Népal s'est enfoncé un peu plus dans la crise, au cours du week-end, avec la mort de vingt-trois personnes lors d'une nouvelle attaque maoïste, tandis que des centaines d'opposants étaient arrêtés à la suite d'une manifestation interdite.
Dix-sept rebelles maoïstes, cinq soldats et un policier ont été tués samedi soir lors de l'attaque d'une patrouille militaire dans la région de Faparbari, à environ 180 km à l'ouest de la capitale, Katmandou, a indiqué un responsable de l'armée.
Il y a une semaine, plusieurs attaques dans les environs de la capitale avaient déjà fait douze morts chez les policiers. Les rebelles avaient averti que ces actions n'étaient que le coup d'envoi d'offensives qu'ils mèneraient avant l'organisation d'un scrutin municipal, prévu le 8 février, qu'ils ont promis de perturber.
Depuis la rupture par les maoïstes, début janvier, d'une trêve unilatérale de quatre mois, plus de 70 personnes, civils, rebelles ou membres des forces de sécurité, ont trouvé la mort.
Les maoïstes luttent depuis 1996 pour l'abolition de la monarchie dans le petit royaume himalayen coincé entre Inde et Chine. Une dizaine de milliers de personnes ont été tuées dans le conflit.
Parallèlement à cet accès de violences maoïstes, le roi Gyanendra, de plus en plus contesté, doit faire face à une opposition démocratique qui promet de ne pas se laisser décourager par les importantes mesures de répression dont elle est la cible.
Plusieurs centaines de personnes 236 selon la police, environ 300 selon des témoins ont été interpellées samedi lors de heurts entre des opposants et des policiers dans la vieille ville de Katmandou. La plupart ont été relâchées après quelques heures, selon un policier, mais 61 opposants étaient encore en détention dimanche, tout comme 150 autres arrêtés jeudi et vendredi, a indiqué un responsable de la police sous couvert d'anonymat.
Extension du couvre-feu
Les opposants n'avaient pas pu manifester vendredi en raison de l'extension d'un couvre-feu nocturne à pratiquement toute la journée. Samedi, quelques centaines de contestataires ont bravé une interdiction de rassemblement et se sont opposés aux forces de l'ordre, qui ont répondu en faisant usage de gaz lacrymogène.
En dépit de ces mesures draconiennes, l'alliance des sept principaux partis politiques «a décidé d'organiser une grève générale le 26 janvier afin de protester contre les soi-disant élections municipales et les limitations gouvernementales aux libertés civiles», a indiqué Rajendra Prasad Pandey, membre du Parti communiste unifié marxiste-léniniste (NCP-UML).
L'alliance considère comme une «farce» les élections prévues le 8 février. «Le gouvernement réprime la population. Nous n'avons pas le choix, nous devons poursuivre les protestations», a déclaré K.P. Oli, un haut responsable du NCP-UML, assigné à résidence depuis vendredi.
© La Libre Belgique 2006
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