Mardi 9 fév 2010

Golf

Les grandes leçons du Masters

Miguel Tasso

Mis en ligne le 12/04/2006

Le Masters 2006, remporté de superbe façon par Phil Mickelson, a été riche en enseignements. A 35 ans, l'Américain remporte sa 2 éme «green jacket».

Voici les principales leçons à tirer de ce premier tournoi du Grand Chelem de l'année.

1 La maturité de Phil Mickelson. L'Américain a fait preuve d'une rare maîtrise tout au long du tournoi. Là où, autrefois, il connaissait invariablement un jour sans et commettait, ça ou là, l'une ou l'autre erreur grossière, il a, cette fois, géré la compétition avec une grande expérience. Pas un seul «double bogey» sur 72 trous, c'est la marque de fabrique du vrai champion. Lorsqu'il joue de cette façon, en pleine confiance, Mickelson, 35 ans, est quasiment invincible. Il l'avait prouvé voici dix jours en remportant le Bell South Classic avec un score hallucinant de 28 coups sous le par. Il l'a encore démontré à Augusta.

2 Tiger Woods n'est pas un extraterrestre. A force de tout gagner, le n°1 mondial semblait issu d'une autre planète. Et beaucoup l'imaginaient accrochant une cinquième «green jacket» à sa garde-robe. Mais le «Tigre», sans doute perturbé par la grave maladie de son père, n'était pas, cette année, en état de grâce. Ses «putts» ne rentrèrent pas comme à l'habitude et ses approches furent moins précises. Son réveil du dernier jour («birdies» sur les trous n°13, 15, 16 et 18) fut trop tardif. Tiger Woods reste évidemment le meilleur joueur du monde mais le parcours d'Augusta a rappelé à ceux qui en doutaient qu'il faisait toujours partie du monde des humains.

3 Le niveau de jeu est de plus en plus élevé. On ne se souvient pas d'un «Major» aussi équilibré que ce Masters 2006. Au départ du dernier tour, on dénombrait la bagatelle de 21 joueurs en l'espace de cinq coups! A l'instar de ce qui se passe dans le tennis masculin, le niveau de jeu du golf international est de plus en plus élevé, un peu comme si la supériorité de Tiger Woods avait obligé ses adversaires à, eux aussi, se sortir les tripes. Certes, Woods reste au-dessus du lot. Mais sa marge d'avance est chaque jour plus étroite. Ce Masters l'a prouvé de façon évidente. Malgré l'incroyable difficulté du parcours d'Augusta (par 72 de 6 800 mètres) et la position diabolique de certains drapeaux, les joueurs ont sorti le grand jeu et signé des coups exceptionnels. Un pur régal pour les yeux.

4 La crise européenne. Autrefois, le Masters réussissait bien aux joueurs européens. On se souvient ainsi des victoires de Severiano Ballesteros, Nick Faldo, Sandy Lyle, Ian Woosnam ou Jose-Maria Olazabal. L'Espagnol, lauréat en 1999, est justement le dernier vainqueur européen à Augusta. Six ans de disette, cela commence à devenir inquiétant. D'autant que, cette année, à l'exception des deux Espagnols Jose-Maria Olazabal (toujours lui) et Miguel Angel Jimenez, les champions du Vieux Continent n'ont guère brillé. Inquiétant à quelques mois de la Ryder Cup.

5 La bonne santé des anciens. En golf, le champion vieillit bien. C'est vrai pour Mickelson qui, à 35 ans, n'a jamais joué aussi bien. Mais c'est vrai aussi pour de nombreux quarantenaires, toujours bon pied bon oeil. On pense à Jose-Maria Olazabal, Fred Couples, Vijay Singh, Miguel Angel Jimenez ou Billy Mayfair qui ont tous terminé dans le «Top 15 ». Agé de 46 ans, Fred Couples a même failli devenir le plus vieux vainqueur du Masters, un record toujours détenu par Jack Nicklaus.

6 Les jeunes en attente. On se disait que ce Masters pourrait servir de grand déclic à quelques grands espoirs du golf mondial. Mais ni l'Espagnol Sergio Garcia (qui signa un troisième tour catastrophique), ni l'Anglais Luke Donald, ni l'Australien Adam Scott, ni l'Américain Charles Howell III, ni même le prodige suédois Henrik Stenson ne furent à la hauteur. Et le génial champion colombien Camil Villegas n'était pas qualifié...

7 Les malheurs de Rocco Mediate. Il était encore en course pour les places d'honneur. Puis, soudain, sur le trou n°12 (un par 3 de 130 mètres), l'Américain Roco Mediate perdit les pédales. Il envoya sa balle dans l'eau à deux reprises, puis dans un bunker. Une vraie galère! Son 10 (oui, vous lisez bien dix!) a, au moins, un mérite: celui de rassurer les milliers d'amateurs à qui cette malheureuse expérience est déjà arrivée...

© Les Sports 2006

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