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Sculpture - LIÈGE
Une ménagerie de pierres et d'inox
Marie Liégeois
Mis en ligne le 28/07/2006
Du grès, en provenance d'une carrière de Poulseur et voici une lionne prête à bondir. Du calcaire récupéré du tunnel creusé à Soumagne pour le passage du TGV et voilà qu'un chien prend naissance, se grattant négligemment la patte. Du marbre blanc de Carrare associé à du calcaire, et un panda paresse. Des pierres de volcan dénichées en Ardèche donnent quant à elles vie à un drôle d'orang-outan.
Et, pour les yeux de toute cette ménagerie hors du commun, des galets de granit récoltés en Bretagne, dans lequel une veine de quartz imite la pupille. Etonnant!
Jusqu'au 15 septembre
Arrosés de l'eau de la fontaine de l'îlot central de la rue Sainte-Marie, près de la tranchée de l'autoroute et de l'église Sainte-Véronique, ces quatre braves bêtes animent la place jusqu'au 15 septembre. L'occasion de découvrir le travail de leur «père», Gilles Motte dit Falisse.
Voilà six ans que Gilles Falisse, installé à Ougrée, réalise des sculptures monumentales selon cette technique de pierres et d'inox, qui vient d'être brevetée il y a trois jours. Pour créer un animal, l'artiste débute au sol, définissant la position des pattes. Il enferme les pierres choisies dans des tiges en inox et soude la structure au fur et à mesure,
«un peu comme on réalise un panier en osier», explique-t-il.
Avant de découvrir cette technique, Gilles Falisse s'adonnait déjà à la sculpture animalière, récupérant des anciennes pièces de voitures, de vélos, de mécanique. Son «Zoologilles» compte quelque 1 300 sculptures de métal, tour à tour chevaux, poissons, bêtes imaginaires, mammifères, singes ou encore félins. Il crée des ours avec des fourches de vélos et d'immenses squelettes de cheval. «Avant que Spielberg ne sorte son «Jurassic park», je créais beaucoup de dinosaures en métal, depuis j'ai arrêté!»
Gilles Falisse a également réalisé un énorme mammouth en fils de cuivre et câbles électriques, exposé à l'entrée du musée des sciences naturelles à Bruxelles, et qu'il surnomme «sa sculpture peluche» tant on a l'impression que son pelage roux est réaliste.
Son coq trône au milieu du rond-point d'Ivoz-Ramet, un de ses éléphants a déjà garni le boulevard d'Avroy, ses dinosaures ont animé Orly-Sud et Charles de Gaulle tandis qu'il avait créé une ménagerie pour l'hippodrome d'Ostende. Mais c'est à Taïwan, au musée des sciences naturelles, que l'artiste compte le plus de pièces: ses 22 animaux - d'autres commandes devaient suivre - ont été nommés «trésor du musée».
Quatre de ses charmantes créatures d'une demi-tonne environ donneront, à Liège, un avant-goût de son talent.
© La Libre Belgique 2006
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