Mardi 9 fév 2010

Info-divertissement

Trois heures pour un demi-siècle de JT

Pierre-François Lovens

Mis en ligne le 08/11/2006

Soirée anniversaire pour le Journal télévisé, programme de référence de la RTBF. Evocation d'un demi-siècle à travers une foule d'archives et en compagnie de ceux qui ont fait le JT. Souvenirs, souvenirs... Sur a une, à partir de 20h20.

Quand on titre "trois heures pour un demi-siècle", il faudrait plutôt dire 3 heures 40 minutes... Vous êtes prévenus : ce soir, sur La une, les 50 ans du Journal télévisé de la RTBF relèveront du marathon, avec ses hauts et ses bas. Mais inutile de faire la fine bouche : le JT de la chaîne publique, véritable institution de notre paysage télévisuel, méritait bien une soirée anniversaire !

Tout a commencé le 4 novembre 1956. C'était un dimanche, à 20 heures (l'horaire de 19h30 ne s'imposera qu'au début des années 1970). Trois heures plus tôt, un tout jeune journaliste liégeois (Robert Stéphane) avait reçu comme instruction de présenter face caméra une synthèse des "nouvelles" du jour. Depuis la création de la télévision belge (INR), les téléspectateurs devaient se contenter du "Relais de Paris". Un décrochage qui deviendra intenable, dans le chef des autorités belges, avec la crise de Suez de 1956 (dans laquelle la France était impliquée).

Robert Stéphane, aujourd'hui âgé de 73 ans (quelle santé !), sera le premier, ce soir, à faire son apparition sur le plateau de l'émission d'info-divertissement coprésentée par Anne Delvaux et François De Brigode. Suivront deux autres pionniers du JT de la chaîne publique : René Thierry (qui, contrairement à Stéphane, n'était pas issu du sérail journalistique de la radio) et Janine Lambotte (qui, sans le savoir, devint au début des années 60 la première femme à présenter un JT en Europe !).

Les visages de l'info

Egrenant à travers de courtes séquences cinquante faits d'actualité ayant marqué l'histoire du JT, l'émission réjouira certainement tous ceux qui s'interrogent sur la destinée des présentateurs, mais aussi des reporters, qui ont fait le Journal télévisé. On se pince notamment en revoyant Luc Beyer (et plus encore en écoutant une élocution si caractéristique qui paraît immuable). On s'émeut au récit de "Freddy" François qui, en 1964, dut rapatrier le cadavre de son cameraman. On sourit à revoir l'un des canulars de Jean-Claude Defossé sur la politisation à la RTBF. On s'incline face à l'humanité d'Elisabeth Burdot. On s'interroge à la suite des quelques réflexions lancées par Georges Moucheron (la déferlante d'images et la dictature du sujet d'une minute 30), Jean-Jacques Jespers (le journaliste est là pour témoigner, pas pour faire l'Histoire) ou Pierre Delrock (pour être crédible, rien ne doit être sujet à caution) sur l'évolution de l'information à la télévision. Autant de remarques de "sages" de l'info à méditer...

Mais la soirée sera aussi divertissement. Car si un Journal télévisé "c'est 25 ou 30 minutes de mauvaises nouvelles" (dixit Jean-Pierre Gallet), c'est aussi de grands moments désopilants. Telle cette séquence sur le bilinguisme des hommes politiques (où Michel Daerden et Philippe Busquin se disputent la palme d'or); celle des doublages de Jacques Jossart (avec à nouveau Busquin en guest star); celle des commentaires de Roger Laboureur lors d'un Belgique-Corée); ou encore les incontournables bêtisiers. Allez, champagne !

© La Libre Belgique 2006

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