Mardi 9 fév 2010

Savoir Plus

Les réactions: Chez les partenaires du PS, Marie-George Buffet (PCF), a averti que "la gauche ne peut pas se permettre de décevoir de nouveau". Dans un communiqué, le PCF a évoqué "une orientation politique préoccupante du PS". Seul le PRG, qui a passé un accord avec le PS pour ne pas présenter de candidat à la présidentielle, a jugé que Mme Royal était bien placée "pour créer une dynamique d'espérance". A la LCR, Olivier Besancenot a dit redouter "la gueule de bois à gauche, y compris chez les militants socialistes". A droite, Patrick Devedjian, conseiller du président de l'UMP, a analysé le succès de Mme Royal comme un "glissement global de la société française vers la droite", tandis que Dominique Paillé (UMP, sarkozyste) a souligné qu'affronter une femme constituerait pour l'UMP et Nicolas Sarkozy "un problème à résoudre". Jean-Pierre Raffarin, élu comme Mme Royal de la région Poitou-Charentes, a estimé qu'en la choisissant, le PS prenait "des risques". "C'était la plus nature, pas la plus sécure", a-t-il affirmé. Quant au Mouvement pour la France (MPF) PF de Philippe de Villiers, il a qualifié Mme Royal de "Barbie au pays des soviets" qui "cache un projet véritablement socialiste".

FRANCE

Le PS sonne la rassemblement

Frédéric DUMOULIN (afp)

Mis en ligne le 17/11/2006

Ségolène Royal est désormais la candidate des socialistes à la présidentielle de 2007, après sa désignation triomphale jeudi par le PS qui a commencé à se mettre en ordre de marche derrière elle.

Agée de 53 ans, la députée des Deux-Sèvres et présidente de la région Poitou-Charentes a obtenu 60,62% des suffrages, selon un décompte quasi définitif, laissant sur place ses deux rivaux, le tenant de l'aile social-démocrate Dominique Strauss-Kahn (20,83%) et celui de la gauche du parti Laurent Fabius (18,54%).

Avant sa première déclaration officielle depuis son sacre, vendredi en fin de matinée dans son fief de Melle (Deux-Sèvres), Ségolène Royal s'est réjouie dès jeudi soir de "cet élan". "Je vis intensément ce moment de bonheur", a-t-elle lancé, toute de blanc vêtue. "L'heure est au rassemblement", a insisté celle qui devient la première femme en France à avoir une réelle chance d'accéder à la présidence de la République, en mai 2007.

Les résultats connus, les appels au rassemblement derrière la candidate se sont multipliés.

Son compétiteur Dominique Strauss-Kahn, battu dans son propre fief du Val-d'Oise, a affirmé dès vendredi matin que "tout le monde sera derrière elle (...) contre la droite". "Elle a gagné, elle a bien gagné", a-t-il reconnu tout en estimant avoir lui-même "constitué une force dans le PS, avec laquelle il faudra compter demain". Laurent Fabius, arrivé troisième avec un score de 18,54% à la primaire socialiste pour la présidentielle, s'est dit "prêt" vendredi à assurer le "rassemblement des socialistes" avec Ségolène Royal.

Proche de Lionel Jospin - l'ancien Premier ministre, contraint de jeter l'éponge en septembre, qui n'avait pas caché son antipathie pour Mme Royal-, le maire de Paris Bertrand Delanoë a estimé que le score de la gagnante constituait "une source de légitimité et de force".

François Hollande, patron du parti et compagnon de Mme Royal, a joué l'apaisement après des semaines de débats parfois âpres: "ce sont tous les socialistes qui ont gagné". "Quelles que soient les préférences des uns et des autres, quelle que soit la vigueur du débat, aujourd'hui nous sommes ensemble unis, mobilisés parce qu'une autre étape s'ouvre, c'est celle de la dynamique de victoire que nous devons engager dans le pays", a-t-il insisté.

Alors que les sondages des derniers mois la donnant largement victorieuse n'étaient effectués qu'auprès des sympathisants socialistes, les militants du parti ont confirmé cette tendance, grâce semble-t-il à l'appui massif des 70.000 nouveaux adhérents.

Les propositions parfois iconoclastes (jurys populaires, encadrement militaire des jeunes délinquants...) qui lui avaient valu d'être taxée de dérive droitière ou de populisme par ses concurrents et les médias, n'ont nullement fait obstacle à sa victoire.

Tout en se gardant bien de dévoiler ses sentiments personnels après la victoire de sa compagne, M. Hollande a estimé que Mme Royal devait, pendant la campagne, "garder son identité, son originalité" qui en font, selon lui, la représentante du "socialisme d'aujourd'hui".

Au vu des résultats, Mme Royal a surclassé ses concurrents presque partout, même si la fédération de Paris, la première de France, lui a apporté un soutien plus mesuré avec un peu plus de 47% des voix.

Seul bémol, dans le concert de louanges au PS : le fabiusien Jean-Luc Melenchon a exprimé sa consternation. A la LCR, Olivier Besancenot a parlé de "gueule de bois à gauche".

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