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Irak
Les violences confessionnelles ne faiblissent pas
AFP
Mis en ligne le 25/11/2006
Quatre autres corps ont été découverts plus au sud, dans la région de Baaqouba, (60 km au nord Bagdad) par la police, qui a affirmé avoir "tué entre 20 et 30 terroristes et en avoir arrêté environ autant" dans cette zone. Le corps d'une femme torturée a aussi été découvert près de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad). Bagdad vivait samedi son deuxième jour sous couvre-feu. La circulation automobile était interdite, les grands axes exceptionnellement déserts.
L'aéroport est resté fermé et le président irakien Jalal Talabani a invoqué ce motif pour expliquer l'annulation de son voyage officiel en Iran. "Je ne peux pas partir car l'aéroport est fermé. S'il rouvre dimanche, je m'y rendrais", a-t-il déclaré. Le couvre-feu a été décrété par les autorités jeudi après le plus sanglant attentat en Irak depuis la fin de la guerre en 2003 qui a fait 202 morts dans plusieurs attaques coordonnées à Sadr City, un bastion chiite de Bagdad.
Malgré ce couvre-feu, la police a découvert samedi huit corps et de nombreuses explosions et coups de feu ont retenti à travers la capitale. Un obus de mortier est tombé sur une tente funéraire dans le quartier d'Abou Dchir (sud), tuant une personne et en blessant trois. Un obus à Hurriyah (ouest) a également tué une femme et a blessé six personnes.
Hurriyah, une zone mixte chiite-sunnite, avait été attaqué vendredi par des milices chiites qui ont brûlé une mosquée sunnite. Un hélicoptère américain est intervenu vendredi soir à Sadr City pour empêcher des miliciens de continuer à tirer des roquettes sur des quartiers sunnites voisins. Sur le plan politique, au Caire, le secrétaire général du Comité des oulémas musulmans Hareth Dhari a demandé aux pays arabes de ne plus soutenir le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki, qualifié de "force du mal" et de "gouvernement d'occupation".
Chef de la principale association religieuse sunnite d'Irak, Hareth Dhari est accusé d'"incitation à la violence confessionnelle" et fait l'objet d'une enquête en Irak. Côté chiite, un proche du leader radical Moqtada Sadr a accusé les forces américaines de "collaborer" avec le réseau terroriste Al-Qaïda pour lancer des attaques contre la communauté chiite.
"Il est clair qu'il y a une collaboration entre les forces américaines, Al-Qaïda et les Baassistes (partisans de l'ex-président Saddam Hussein, ndlr). Il y a des preuves", a affirmé Saheb Al-Amiri, secrétaire général des martyrs d'Allah, une institution religieuse liée au courant de Sadr. "Lors des attentats à Sadr City (jeudi), un groupe terroriste a attaqué des ambulances sous les yeux de l'occupant (américain)", a-t-il affirmé, accusant aussi l'armée américaine d'être impliquée dans le dynamitage du siège du mouvement de Sadr vendredi.
Les Américains ont eux annoncé avoir tué 22 "terroristes" dans deux opérations au nord de Bagdad, indiquant que des civils avaient été atteints lors d'un raid à Taji. A l'étranger, l'Organisation de la conférence islamique (OCI) a appelé à mettre fin aux violences meurtrières entre chiites et sunnites alors que dix ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe sont attendus au Caire le 5 décembre pour une réunion devant appeler les factions irakiennes à empêcher les "flots de sang" de couler en Irak.
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