La Libre.be > Culture > Livres > Article
Rencontre
Un art poétique du voyage
Fr.M.
Mis en ligne le 02/03/2007
Un large public connaît Benoît Peeters en tant que scénariste de bandes dessinées (principalement via la série "Les cités obscures" mise en page par François Schuiten, avec lequel il a été, aussi, le concepteur d'expositions spectaculaires). Pas besoin, non plus, de rappeler que ce Français (Paris, 28 août 1956) qui vit à Bruxelles depuis l'enfance est l'un des meilleurs connaisseurs du créateur de Tintin et Milou et de son oeuvre : son "Monde d'Hergé" (Casterman, 1983), son "Hergé, fils de Tintin" (Flammarion, 2002) sont absolument incontournables. Cependant, c'est un autre Benoît Peeters, superbement poète, qu'on (re) découvre aujourd'hui grâce à "Villes enfuies" (Les Impressions Nouvelles, 154 pp., env. 14 €) : un enchantement.
Vous y réunissez des textes qui avaient paru précédemment...
Ce volume regroupe "Paris-Bruxelles, contrepoint" (qui figurait dans "La Belgique malgré tout", collectif édité par l'Université de Bruxelles en 1980); "Prague" fit l'objet d'une première édition, illustrée, en 1985 chez Autrement; "Poussière de voyages" fut publié, sous forme de plaquette, en 2001, aux Impressions Nouvelles; "Moscou-Vladivostok" est né d'une exposition sur le Transsibérien, présentée en 2005 dans le cadre d'"Europalia Russie", et "Cendres" accompagnait en 1992 une exposition de photographies en liaison avec le KunstenFestivaldesArts"...
Vous avez beaucoup voyagé, hier, avec la grande photographe belge Marie-Françoise Plissart...
Qui est nettement plus aventurière que moi : une vraie risque-tout ! Beaucoup de pays, en effet : l'Islande, les Etats-Unis, la Chine, la Sibérie, la Birmanie, l'Inde, l'Espagne, le Tibet, le Québec, le Japon, l'Italie, la Thaïlande... Ce livre est à prendre comme un "art poétique" du voyage, un anti-guide. Ce qui m'intéresse, ce sont les petites choses qui subsistent d'un voyage. Avec le Transsibérien, j'ai été jusqu'à Vladivostok - ce qui est rare, parce qu'aller jusque là, c'est aller jusqu'au bout de rien. C'est voyager vers un nom, un port, pendant sept jours et sept nuits, escales non comprises. Il faudrait faire le Transsibérien de manière morcelée, descendre dans des villes improbables. Je me sens d'ailleurs de plus en plus attiré vers des destinations improbables. À l'opposé du genre "les 100 lieux qu'il faut avoir visités".
Et Bruxelles ?
Bruxelles est une ville très intégratrice. Imparfaite, évidemment, mais où je constate une réussite du métissage. Bruxelles a inventé quelque chose qui n'est pas une réussite urbanistique, mais une réussite d'urbanité. Pour en revenir au voyage, se perdre en fait partie. Se perdre permet de faire des découvertes insolites. C'est dans les villes où il n'y a soi-disant "rien à voir" qu'il y a peut-être le plus à découvrir, si on y observe la poésie du quotidien. Il faut éviter les "modes d'emploi", et s'abandonner à l'inattendu. Dans mon livre, qui est littéraire, ce qui compte, c'est le plaisir que le texte peut apporter au lecteur. Que j'invite à emprunter des chemins de traverse. Un recueil de pages fragiles, au bord de l'impalpable. J'accorde une extrême attention à la musicalité, à la mélodie des phrases : tenter de faire avec des mots ce qu'a fait Erik Satie avec les notes. La musique des mots m'importe ici autant que le choix des mots. La ponctuation, c'est notre chef d'orchestre intérieur, notre métronome. Dans ce livre, tout est construit.
James Cameron revient avec 'Avatar : Special Edition'
Retour en enfance avec 'Copains pour toujours '
Lambert Wilson dans 'Des hommes et des dieux '
Toy Story Playland et les...
C'est mieux
Des hommes et des Dieux .mp4...
Sarko a peur des Roms