Mardi 9 fév 2010

Savoir Plus

Plainte contre l'Etat belge

Les "MPR", relatives à la police, diffèrent des "MRD", prévues pour les services de renseignement. Mais parce qu'elles sont du même tonneau, l'incident qui s'était déroulé à Liège lors du sommet Ecofin de 2001 reste révélateur, même si c'était avant l'instauration du cadre légal, en décembre 2005. Quatre altermondialistes avaient organisé des manifestations dûment autorisées. Ils avaient pourtant été surveillés (SMS, téléphone, Internet, etc.; dont coût : 17 000 €) puis, ignorant tout de ces opérations, avaient été inculpés comme membres "d'une organisation criminelle structurée en vue de commettre [...] des crimes et délits punissables de 3 ans en utilisant l'intimidation, la menace, la violence, des manoeuvres frauduleuses ou la corruption", rien de moins ! Les chambres du conseil et des mises en accusation avaient balayé cette imputation, car rien n'était fondé (LLB du 1/3). Mais les "MPR" avaient bien été mises en oeuvre, ce que les instances d'instruction avaient déploré car cela pouvait se "révéler attentatoire au respect de la vie privée". Or Me Jean-Louis Berwart, leur avocat, a lancé mardi citation contre l'Etat au tribunal civil, pour dénoncer la bavure. Ils estiment qu'il y a eu "détournement de lois d'exception". Au-delà de leur cas, ils en appellent au Parlement pour qu'il écarte les mouvements associatifs, politiques et syndicaux du champ d'application des "MPR".

Renseignement

Les enquêtes spéciales calent au Sénat

Roland Planchar

Mis en ligne le 18/04/2007

Les "méthodes de recueil des données" proposées par Onkelinx et Flahaut pour la Sûreté restent fort discutées. Dans la majorité, même le MR veut modifier le texte. Il est vrai qu'il a été déjà pas mal discuté, mais sera-t-il voté ? Pas si sûr.

La ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), est longuement intervenue mardi matin en commission "justice" du Sénat, lors de la discussion générale du projet de loi relatif aux "MRD". Ces méthodes de recueil de données qui, comme les "MPR" (méthodes particulières de recherche) l'ont fait côté police, pourraient augmenter considérablement les moyens d'enquêtes de nos services de renseignement. Mais il faudrait pour cela que le projet soit voté avant le tout proche terme de la législature, ce qui n'est pas gagné car le doute ronge même la majorité gouvernementale (lire ci-dessous), puisque le MR veut corriger le projet PS.

Vraiment exceptionnelles

Que sont donc ces méthodes ? Elles se divisent en trois groupes : "ordinaires", "spécifiques" et "exceptionnelles", à appliquer au choix selon des critères de subsidiarité (pas moyen de faire autrement) et de proportionnalité (en fonction de la gravité des faits soupçonnés). Les premières, classiques, concernent les informateurs, les sources ouvertes (presse, Internet), les filatures, etc. Rien de bien singulier. Les secondes sont déjà plus intrusives et permettent l'emploi de moyens techniques de surveillance, micros, caméras, téléphonie, courriels, etc., même en des lieux privés - mais pas dans les domiciles. Les troisièmes, réservées en théorie au terrorisme, à la prolifération nucléaire et à l'espionnage, suscitent le plus de réactions. Elles sont également les plus intrusives et autorisent la pose de matériel de surveillance même dans les domiciles, l'interception des messages de toutes natures et même le bris des protections des systèmes informatiques distants. Plus fort encore : sous certaines conditions, la commission de délits est également autorisée (pour asseoir la crédibilité des agents en mission).

Les barreaux, l'Ordre des médecins et la Ligue des droits de l'homme, consultés parmi d'autres pendant la rédaction du projet, avaient ensuite formulé des remarques. Ils demandent, par exemple, que les professions liées par le secret professionnel soient davantage protégées de l'effet des MRD.

Anecdote : la ministre a mis en cause le crédit de la Ligue. Pour étayer ses craintes, cette dernière avait évoqué une utilisation abusive des MPR, soeurs des MRD, à l'occasion d'une manifestation où un quidam aurait été fiché grâce à elles. Or, il n'a pas été question de MPR dans cet épisode, dit avoir vérifié la ministre. L'intérêt ? Montrer que l'enjeu est aussi passionnel, car certains craignent un outil "Big Brother" qui permettrait à un gouvernement moins regardant, côté démocratie, de fouler au pied les libertés individuelles.

Nécessité urgente

Mais alors, pourquoi les promoteurs du projet, Mme Onkelinx et son collègue à la Défense André Flahaut (PS), veulent-ils qu'il aboutisse même "aux forceps", comme l'a dit la sénatrice Clotilde Nyssens (CDH), ou "à la hussarde", pour la Ligue ?

Laurence Bovy, chef de cabinet de Mme Onkelinx : "Il doit pouvoir être voté rapidement tout simplement parce qu'il est arrivé à maturité. Il est élaboré depuis des mois et des mois. La première version date du 8 septembre dernier et il est passé trois fois au Conseil des ministres. Les consultations, pas toutes obligatoires, ont également duré des mois. Il y a eu beaucoup d'adaptations. Le Sénat lui a consacré beaucoup d'heures, déjà. Non, vraiment, on ne peut pas dire que cela se passe à la hussarde." Mme Bovy trouve donc normal - après tout, le projet a été accepté au plan gouvernemental - que tous "se positionnent sur le texte, fut-ce en commission, article par article" . D'autant "qu'il y a une vraie nécessité pour les services" . Là, pas de doute : c'est le cas.

© La Libre Belgique 2007

Autres Informations

À ne pas manquer

Concours

Gagnez 1 week-end pour 2 personnes à Londres pour visiter l’exposition "Le Vrai Van Gogh: L’artiste et Ses Lettres"à la prestigieuse Royal Academy of Arts.

Zoomin TV

Bruxelles : 3 jeunes délinquants arrêtés puis relâchés

Comme bilan d'un premier week-end 'tolérance zéro' à Bruxelles...

Huytebroeck : 'L'alerte Smog a des effets directs'

Pour combattre les pics de pollution, les ministres de l'Environnement des...

'Qu'il soit le dépeceur ne me surprendrait pas'

L'enquête du dépeceur de Mons est relancée, suite à...

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page