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Édition - développement économique
Les erreurs de la Wallonie
Ph. Law.
Mis en ligne le 27/04/2007
Après les essais du sénateur libéral Alain Destexhe (MR), un nouveau livre se penche sur l'état de la Wallonie et les raisons du déclin du sud du pays. L'auteur, un journaliste économique depuis environ dix ans, retrace les erreurs et les mauvais choix qui caractérisent la gestion économique de la région durant les deux dernières décennies. "Je n'ai rien à voir avec le sénateur Destexhe, mais si tous les responsables politiques avaient fait le même travail que lui, la Wallonie n'en serait pas là. Le déclin de la région ne peut s'expliquer uniquement par la fin des charbonnages et la crise dans l'industrie lourde", dit Jean-Yves Huwart. Il indique donc que "l'absence totale de leadership politique au niveau de la région, le fait d'avoir fait de celle-ci un guichet finançant les intérêts particuliers des responsables et le manque de coordination" ont handicapé l'essor économique de la Wallonie.
D'après lui, plutôt que de se pencher sur les vrais maux et de se doter d'analyses objectives pour guider leurs choix, les dirigeants wallons se sont laissé séduire par la gloriole. "Ils coupent des rubans, en oubliant de réaliser des études de marché nécessaires. Au cours des quinze dernières années, le territoire wallon s'est peuplé d'édifices aussi somptueux que vides, faute de visiteurs (le terminal de Liège-Airport, etc.)", écrit-il.
Des raisons d'espérer
Une fois le cinglant (et objectif) constat posé, il estime que la Wallonie a toutes les cartes en main pour assurer son développement. Elle est aujourd'hui à la croisée des chemins. Et pour assurer la relance et inscrire la région dans un cercle vertueux de succès, les dirigeants ne peuvent (ne doivent) pas faire l'économie de réformes en profondeur au-delà du plan Marshall. "Il en faut un pour Charleroi et Liège, car ils sont les poumons de la région et assurer le développement de ces deux villes doperait la croissance wallonne", nous a confié l'auteur, rejoignant d'autres analyses réalisées précédemment. Une refonte totale de l'enseignement s'impose, avec l'implication de tous les acteurs (Régions, parents, syndicats nationaux, représentants du monde économique, etc.). "Notre système éducatif est le plus coûteux, mais ses résultats sont médiocres. La preuve, la région souffre d'un manque de main-d'oeuvre qualifiée et si rien n'est fait, les pôles de compétitivité seront bientôt asphyxiés", redoute Jean-Yves Huwart.
Par ailleurs, il prône la mise en place d'une université unique en Communauté française. Car les Alma Mater de Liège, Louvain-la-Neuve et celui de Bruxelles seront un jour confrontées à un problème de taille critique en raison de la mondialisation. Ce n'est qu'avec "une seule université forte et réputée internationalement que la Wallonie peut se hisser à l'avant-garde de la recherche et de l'innovation".
La modernisation du Forem est une bonne chose à ses yeux, car l'organisme doit jouer un rôle d'interface entre les besoins des entreprises et le marché des compétences. "Il doit repérer les carences chez les demandeurs d'emploi et identifier les formations qu'ils doivent suivre pour être employables rapidement par les entreprises".
La fin de son livre finit sur une sorte de fiction avec une projection de la Wallonie en 2020 où Spa aura retrouvé son éclat d'antan, la gare TGV de Liège évoluera en connexion avec l'aéroport devenu rentable et le chômage n'affichera plus que 6,5 pc.
Le second déclin de la Wallonie, éd. Racine. 19,95 €.
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