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Val Duchesse
Jusqu'ici, pas de morts
M.Bu.
Mis en ligne le 03/08/2007
On l'attendait avec une certaine fébrilité, cette première réelle confrontation communautaire entre partis de la future - et probable - majorité Orange bleue. Ce jeudi matin, les journalistes étaient d'ailleurs venus en nombre devant les grilles du château de Val Duchesse où se négocie la formation du prochain gouvernement. Ils voulaient sentir l'humeur des protagonistes. C'est que la veille, des mots durs avaient été échangés entre négociateurs francophones et flamands au cours d'une réunion - qualifiée de technique - sur l'éventualité d'une scission de l'arrondissement judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Le MR et le CDH s'étaient senti roulés par Yves Leterme, accusé de jouer sur les mots et sur leur traduction pour faire passer des réformes institutionnelles en douce. Un épisode qui, de toute évidence, avait mis les négociateurs francophones sur leur garde. A leur arrivée à Val Duchesse hier matin, il ne fallait pas beaucoup les pousser pour qu'ils fassent étalage de leur état d'âme chagrin.
Au menu de la discussion du jour ? Une note du formateur qui reprend, en les détaillant, les 14 propositions de réforme institutionnelle contenues dans la note de formation initiale et qui ne requiert en principe pas une majorité des deux tiers au Parlement. Les négociateurs n'ont donc pas abordé les demandes communautaires qui exigent une majorité spéciale ni la problématique de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ni les exigences supplémentaires que les partis flamands ont déposées auprès du formateur.
Comptabiliser les obstacles
La réunion de ce jeudi devait servir à identifier les suggestions qui peuvent faire l'objet d'un consensus et celles que les francophones jugent imbuvables (lire page 4). Elle s'est traînée comme un vieux tortillard de montagne. Les partis francophones ont commencé par répéter qu'ils n'étaient demandeurs de rien et qu'il ne fallait pas espérer une réforme institutionnelle de grande ampleur dans la mesure où l'orange bleue ne dispose pas d'une majorité des deux tiers au Parlement.
Et puis, surprise, dans la soirée, c'est un formateur presque détendu qui est apparu devant les grilles de Val Duchesse - quelques minutes avant de se rendre auprès du Roi pour faire état de sa mission de formation. "On avance pas à pas, relevait Yves Leterme. On travaille de manière courtoise". Et les francophones, comment juge-t-il leur attitude ? "Courtoise"... N'essayez pas, vous ne tirerez pas davantage de l'ex ministre-président flamand. Ah, si : "Je suis optimiste". Arrive l'Open VLD Patrick Dewael. De la fenêtre de sa limousine, il glisse : "Je ne veux pas dire que la discussion a été amicale, les francophones refusent de nombreux points. Mais le ton reste correct. Allez, termine-t-il , je suis optimiste".
Voilà donc, deux Flamands, "optimistes" dans la foulée du premier round communautaire. Est-ce à dire que les francophones ont formulé des concessions au cours de ces trois heures de discussions ? "Non , répondait le CDH Francis Delperée, nous avons rappelé tous les problèmes constitutionnels que posent les propositions de M. Leterme". D'ailleurs, reprenait le constitutionnaliste, "la clôture de chaque point que nous avons passée en revue n'a pas abouti à un accord ni même à un consensus. Mais tout s'est déroulé sans arrogance"... Un seul accord, mineur, a été dégagé : sur la représentation des entités fédérées au sein des instances du Centre pour l'égalité des chances.
Enfin, sur la méthode de travail, "les francophones ne disent jamais non a tout, détaillait le MR Didier Reynders. On essaye de voir comment être les plus efficaces possibles dans la gestion de l'Etat". Amis flamands, voyez comme les francophones sont de bonne volonté...
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