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Voici, retranscrit intégralement, le communiqué diffusé par le Palais royal jeudi après l'entrevue entre le Roi et le formateur Yves Leterme :
"Le Roi a reçu en audience en début d'après-midi au Château du Belvédère, Monsieur Yves Leterme, Formateur, qui lui a fait un sixième rapport sur sa mission.
Le Roi lui a demandé de poursuivre sa tâche afin qu'un gouvernement fédéral puisse être rapidement constitué. Ceci est important pour le bien être de tous les citoyens de notre pays, pour la crédibilité de la Belgique et sa nécessaire cohésion.
D'autre part, le Roi recevra ce week-end les Présidents de la Chambre des Représentants et du Sénat pour leur demander de prendre une initiative afin d'entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés. Entre-temps, le formateur aura des entretiens bilatéraux préparatoires avec les quatre Chefs de délégations."crise politique
Un gouvernement, et vite !
V.d.W.
Mis en ligne le 09/11/2007
On se souviendra longtemps, encore, de la négociation de ce gouvernement Leterme 1er, de ses coups dans l'eau, de ses coups d'éclats, de ses coups de gueule, de ses coups foireux, de ses coups fourrés. Résumons les faits du jour : le Roi a invité Yves Leterme à poursuivre et à accélérer la formation du gouvernement fédéral mais cette fois, en découplant l'institutionnel des autres matières. Toutefois, alors que ce scénario correspond à leurs souhaits, les francophones, toujours choqués par l'agression de la veille (le vote flamand sur BHV) exigent des Flamands des marques, si pas de tendresse et d'affection, du moins de respect.
Explications
Tandis que l'on croyait l'orange bleue moribonde et Yves Leterme privé d'emploi, les choses semblent doucement s'arranger pour lui et son futur gouvernement. À l'issue de l'entrevue accordée par le chef de l'Etat à Yves Leterme, le Palais a publié un communiqué dans lequel le Roi demande au formateur de poursuivre sa tâche afin qu'un gouvernement fédéral puisse être rapidement constitué. Ceci, dit le communiqué du Palais, est important pour le bien-être de tous les citoyens et pour la crédibilité de la Belgique et sa nécessaire cohésion. Mais le communiqué précise aussi : "Le Roi recevra ce week end les présidents de la Chambre et du Sénat pour leur demander de prendre une initiative afin d'entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés."
Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ?
En fait, les présidents des deux assemblées n'attendront pas dimanche soir pour entamer leur besogne. Armand De Decker a confirmé que lui-même et Herman Van Rompuy avaient été chargés d'entamer leur mission dès vendredi matin, sans doute en recevant les présidents des partis démocratiques. Il n'est pas exclu qu'ils consultent plus largement et qu'ils entendent des représentants de la société civile. Dans quel but ? Constituer, à bref délai, un groupe de réflexion sur l'avenir des institutions belges. Chaque parti y déléguera une personnalité (que l'on nomme un "Sage"). Et c'est à eux que reviendra la charge d'étudier les demandes institutionnelles des partis flamands surtout mais aussi francophones.
Le retour d'Herman
On en revient donc doucement, au scénario élaboré, fin septembre, par l'explorateur-éclaireur Herman Van Rompuy, tel que Joëlle Milquet l'avait précisé dans un "non paper". Une belle revanche pour cet homme que le CD & V et surtout la N-VA avaient réussi à écarter des négociations, le jugeant trop fédéraliste, trop belge. La N-VA a décidé d'observer le silence, jeudi soir. Elle tiendra un conseil de parti samedi. Elle n'est sans doute pas très heureuse de cette évolution, elle qui criait victoire après le vote de la proposition de loi scindant BHV. Car cette scission, les Flamands ne l'auront pas telle. Les francophones déclencheront ce vendredi matin une procédure en conflit d'intérêt (lire en p.3), ce qui aura pour conséquence de renvoyer le dossier devant le prochain gouvernement fédéral. En revanche, on se dirige bien vers un découplage des négociations : les présidents de la Chambre et du Sénat et leur groupe des Sages prendront en mains la négociation institutionnelle et Yves Leterme s'occupera des autres dossiers. C'était précisément ce que la N-VA ne voulait pas. Mais on peut penser qu'elle s'alignera - même difficilement car on évoque certaines tensions internes - sur la position du CD & V qui s'est réjoui, jeudi soir, de "l'accélération du processus institutionnel". Chacun doit bien essayer de sortir la tête haute de la crise face à son opinion publique.
Une faute
C'est aussi ce qu'a voulu faire, jeudi soir, le président du MR, Didier Reynders en affirmant que les négociations étaient tout simplement arrêtées. Pas suspendues, arrêtées. Pourquoi ? "Nous n'acceptons par l'agression à l'égard des francophones commises par tous les partis flamands, depuis l'extrême droite jusqu'au SP.A. C'est une faute, c'est nier le Pacte entre les Belges. D'autres votes de la majorité flamande contre la minorité francophone pourraient encore se produire en matière de Santé ou de Justice". Et Didier Reynders d'affirmer : "Je lance un appel à tous les responsables pour qu'ils restaurent le respect et qu'ils fassent en sorte de ne plus jamais vivre ce genre de vote". Précisant sa pensée, il lance, face à des journalistes flamands médusés : "Je veux savoir si, dans quelques années, cela vaudra encore la peine que je vienne à Bruxelles..."
Pour le président du MR, l'urgence n'est donc pas de reprendre les négociations de l'orange bleue, mais de consacrer le temps et l'énergie nécessaires à la démarche, voulue par le Roi.
Albert II n'a-t-il pas aussi souhaité la constitution rapide d'un gouvernement ? "La priorité va à la restauration de la confiance entre le Nord et le Sud. Il faut, souligne Didier Reynders, que chacun donne des signes de sa capacité à dialoguer." Message au formateur ? Le président du MR, qui a toujours été assez mesuré avec Yves Leterme, lâche : "Il appartiendra un jour au formateur de démontrer qu'il peut s'écarter des thèses de sa Communauté et de son parti". Ne l'a-t-il pas fait ? "Mercredi, je ne l'ai pas remarqué." Vous avez dit confiance ?
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