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Union européenne - énergie
"Le nucléaire décline"
Sabine Verhest
Mis en ligne le 22/11/2007
Le nucléaire a le vent en poupe au sein de l'Union européenne. Voilà une énergie dont la production, en ces temps de réchauffement climatique, a l'avantage suprême de ne pratiquement pas émettre de dioxyde de carbone dans l'atmosphère. De quoi la rendre attractive, malgré ses tonnes de déchets radioactifs qui restent dangereux pendant des milliers d'années.
"Pour diminuer les émissions de CO2, assurer la sécurité de l'approvisionnement et fournir des prix compétitifs, il faut maintenir une contribution significative du nucléaire dans le bouquet énergétique" , estime ainsi l'eurodéputé conservateur espagnol Alejo Vidal-Quadras. Avec la socialiste hongroise Edit Herczog, le vice-président du Parlement porte une déclaration en ce sens, signée par 53 eurodéputés (dont le Belge Philippe Busquin) et soutenue par le patronat européen, le secteur électrique et la fédération internationale des consommateurs industriels d'énergie.
"Beaucoup sont convaincus qu'il faut relancer l'énergie nucléaire, j'en suis ahurie" , soupire pour sa part la verte allemande Rebecca Harms. D'autant que, dans les faits, le nucléaire vit plus un déclin qu'une renaissance.
Les 439 centrales en service sur Terre ne fournissent que "16 pc de l'électricité, 6 pc de l'énergie primaire commerciale et 2 à 3 pc de la demande finale d'énergie dans le monde" , indique Mycle Schneider, auteur d'un rapport sur "l'état des lieux 2007 de l'industrie nucléaire dans le monde", rendu public mercredi à Bruxelles. "La tendance mondiale est à la baisse et le risque va en augmentant" , assène-t-il.
L'un des problèmes majeurs, selon lui, concerne "le manque cruel d'experts, pour la construction de nouvelles centrales et surtout le déclassement des anciennes" . Le manque en ingénieurs spécialisés se révèle particulièrement "catastrophique" au Royaume-Uni. "Les jeunes s'intéressent aux énergies renouvelables plus qu'au nucléaire" , explique l'expert, proche des Verts européens.
"Sans vision"
L'avenir ne se révèle pas propice au nucléaire, poursuit-il.Les Etats, qui composent aujourd'hui l'Union, comptent 146 réacteurs en exploitation en 2007, alors qu'ils en avaient 177 en 1989. Trois réacteurs sont pour le moment en construction dans l'Union - deux en Bulgarie et un en Finlande - sur les 32 en cours d'élaboration dans le monde, mais ces chiffres sont à relativiser : 10 sont en construction depuis au moins 20 ans - la centrale iranienne de Bouchehr attend par exemple sa mise en service depuis 1975.
"A moins que la durée de vie des centrales dépasse les 40 ans - elle est en moyenne de 23 ans aujourd'hui -, le nombre de réacteurs ne peut que décliner vu leur durée de planification, de construction et de mise en service" , conclut donc M. Schneider. "Une industrie sans vision pour le lendemain est morte." Mais c'est sur elle que misent beaucoup d'Européens.
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