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entretien
Trois questions à Frédéric Deborsu Journaliste RTBF
Mis en ligne le 12/12/2007
Parfait bilingue, on vous voit souvent à la VRT (NdlR: il était encore présent dans l’émission “Ter Zake” lundi soir) , vous avez même ouvert un blog sur la plate-forme de la chaîne. Vous tenez aussi une chronique mensuelle dans “De Standaard”. D’un autre côté, vous avez participé à “Bye bye Belgium”, vous êtes aussi l’“auteur” de la fameuse séquence de la Marseillaise. Le regard au Nord a-t-il changé?
Là, je viens encore de voir passer une classe devant nous (NdlR: on attrape le journaliste alors qu’il fait le pied de grue, rue de la Loi). Avant, cela se passait bien. Aujourd’hui, ils nous regardent comme des génocidaires (rires). Non, plus sérieusement, c’est vrai qu’on vit dans un contexte affolant où quoiqu’on dise, on a peur d’être mal vu, mal compris. Mais en dehors de cet aspect-là, je constate qu’on a, au contraire, de plus en plus de contact entre collègues. Simplement parce qu’on se voit tout le temps. On a jamais autant collaboré. On joue le jeu ensemble. Il y a une vraie fraternité qui a été renforcée par les derniers événements, simplement parce qu’on a vécu quelque chose d’historique ensemble,comme attendre des heures dans le froid. Par ailleurs, quand on va réaliser un sujet en ou sur la Flandre, je n’ai jamais ressenti la moindre hostilité. Je ne dis pas ça pour passer la pommade. Evidemment, le fait de parler correctement la langue joue. Mais pas seulement.
Certaines voix au Nord s’élèvent pourtant contre une presse francophone, la RTBF en particulier, qu’ils jugent trop partisane et orientée.
Tout le monde a droit à la critique. Le fait est qu’il y a peut-être au départ une culture du commentaire et de l’éditorial plus importante en Flandre. Si l’on veut critiquer la RTBF, il y a donc davantage d’endroits pour exprimer les points de vue. Par ailleurs, la connaissance de l’autre langue joue aussi. Elle reste beaucoup plus importante au nord du pays. Les Flamands regardent davantage la RTBF et y sont donc plus sensibles.
Un an après, quel regard portez-vous sur “Bye bye Belgium”?
Cela a été une pièce très utile dans le débat. Ça a poussé à ce que les gens se positionnent clairement par rapport à la problématique. Ç’a été un choc.
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