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Informatique
Microsoft mise sur l'e-gouvernement
Mathieu Van Overstraeten
Mis en ligne le 09/02/2008
Entretien
Le Néerlandais Michel van der Bel est le monsieur "secteur public" de Microsoft. C'est lui qui a organisé il y a quelques semaines à Berlin le "Government Leaders Forum", un événement qui rassemblait des élus et des représentants gouvernementaux de l'Europe entière (y compris la chancelière Angela Merkel) pour discuter d'e-gouvernement, qui est le terme générique utilisé pour désigner les services administratifs mis à disposition des citoyens sur Internet.
L'e-gouvernement, c'est un business important pour Microsoft ?
Je ne peux pas donner de chiffres précis, mais il est clair qu'il s'agit d'un marché en croissance rapide, dans lequel des milliards sont investis par les pouvoirs publics. C'est une évolution qui n'est que logique dans la mesure où il reste énormément de choses à faire pour rendre les services aux citoyens plus efficaces au niveau informatique. Je pense notamment au secteur de la santé.
Quels sont les principaux problèmes qui se posent ?
Le principal obstacle, c'est le manque d'interopérabilité entre les systèmes informatiques des différentes administrations. C'est pour cette raison qu'il est très important de travailler à des standards communs. Nous collaborons sur ce point avec des sociétés telles que IBM, Oracle, Sun ou Novell par exemple. De manière générale, pour qu'un pays puisse être efficace en matière d'e-gouvernement, il faut une approche horizontale. Le mieux est d'avoir une autorité qui chapeaute tout le monde, histoire d'avancer dans une seule et même direction.
L'e-gouvernement, est-ce une mode ou un véritable besoin ?
Je pense que l'apparition de ce qu'on appelle le Web 2.0, c'est-à-dire tous les sites participatifs comme les blogs, MySpace ou YouTube par exemple, a entraîné un véritable changement de mentalité des citoyens. Avant, ils considéraient que c'était le gouvernement qui était au centre de l'univers, aujourd'hui ils considèrent que ce sont eux, les citoyens, qui sont au centre. C'est quelque chose de véritablement naturel pour les jeunes générations. Autrement dit, cela signifie que les gouvernements n'ont pas le choix : ils doivent suivre cette évolution, ils doivent s'adapter. Les citoyens qui sont aujourd'hui habitués à ce qu'on entende leur voix sur Internet n'accepteront pas que l'on ne tienne pas compte de leur avis en matière d'e-gouvernement.
N'y a-t-il pas un risque à voir un groupe comme Microsoft s'occuper de services aux citoyens ?
Dans ce domaine, ce n'est pas Microsoft qui a la main, mais ce sont les gouvernements. Ce sont eux qui décident de la direction à prendre. Par contre, il est vrai que nous préférons nous considérer comme un partenaire à part entière plutôt que comme un simple fournisseur de services informatiques. C'est pour cette raison que nous organisons des événements comme le "Government Leaders Forum", qui constituent une occasion pour les différents acteurs du secteur d'échanger leurs expériences et points de vue.
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