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Santé
Maladie de Crohn : ça se précise
L. D.
Mis en ligne le 30/06/2008
Toujours incurable à ce jour, non-mortelle mais particulièrement invalidante, la maladie de Crohn n'a pas encore tout révélé de ses origines. Or toute nouvelle étape dans la compréhension de cette maladie inflammatoire chronique de l'intestin constitue un espoir supplémentaire pour la mise au point de nouveaux traitements.
Ainsi, d'après une étude qui vient d'être publiée en ligne dans la revue "Nature Genetics", 32 zones génétiques prédisposant à la maladie sont à présent identifiées. Selon un communiqué de l'Université de Liège, dont une équipe du GIGA-recherche a participé à l'étude, en collaboration avec le CHU de Liège, ainsi qu'avec les Universités de Leuven, Bruxelles et Gand, "il s'agit du tableau le plus complet jamais dressé à ce jour de l'influence des facteurs génétiques prédisposant à cette maladie, mais aussi toutes affections confondues".
Ces résultats proviennent en fait de la mise en commun des données récemment obtenues par trois vastes études ayant systématiquement criblé l'entièreté du génome à la recherche de ces infimes zones, appelées l oci, sur les chromosomes qui expliquent les différences entre les individus. Et, en l'occurrence, les variants génétiques prédisposant à un risque accru de développer la maladie de Crohn.
Des équipes de chercheurs belges, américains et anglais impliqués dans cette étude tricentrique ont mené une nouvelle analyse générale, qui a permis de repérer 21 nouvelles régions chromosomiques, portant dès lors à 32 le nombre de zones génétiques prédisposant à cette affection qui touche quelque 15 000 Belges. D'après les chercheurs, ces 32 loci représenteraient 10 pc de la variance totale de prédisposition à la maladie et jusqu'à 20 pc du risque génétique si l'on tient compte des facteurs environnementaux.
"Le tableau général confirme la nature "polygénique" de la prédisposition héréditaire à la maladie de Crohn avec un nombre très limité de gènes à effet majeur, mais une panoplie de gènes à effet individuel mineur", ont encore expliqué les chercheurs liégeois.
Par ailleurs, poursuivent-ils, "il a déjà été démontré que trois des gènes spécifiquement impliqués dans la maladie de Crohn font partie des facteurs de risque du diabète de type 1 et de l'asthme, ce qui laisserait supposer que ces maladies ont à la base des mécanismes génétiques communs".
Douleurs abdominales, diarrhée, fatigue, fièvre, nausées, perte de poids et diminution d'appétit sont les principaux symptômes de cette maladie qui résulte généralement d'une déficience au niveau du système immunitaire. "La maladie de Crohn peut atteindre n'importe quelle partie du tube digestif, depuis la bouche jusqu'à l'anus. Mais elle touche le plus souvent le gros intestin (ou côlon) et/ou la partie terminale de l'intestin grêle", a expliqué le Pr Edouard Louis, gastro-entérologue au CHU du Sart Tilman, dans le cadre d'une campagne visant à briser le tabou qui entoure la maladie. "A ce jour, il n'est pas encore possible de guérir de la maladie de Crohn. Les malades doivent dès lors apprendre à vivre avec cette maladie. C'est pourquoi il est nécessaire de disposer de traitements permettant de contrôler efficacement les symptômes sur le long terme et de repousser au maximum la chirurgie afin d'enlever les parties de l'intestin trop atteintes."
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