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La femme de l'assassin de Massoud inculpée
R.C.
Mis en ligne le 09/08/2002
Mon mari a tué Massoud´ furent les mots que Malika, une Belge d'origine marocaine, lança le 17 décembre 2001 à un diplomate belge d'Islamabad légèrement décontenancé. Malika n'est autre que l'épouse du Tunisien Abdesattar Dahmane - qui a vécu treize ans à Bruxelles avant de rejoindre les camps de Ben Laden en Afghanistan -, l'un des deux assassins du commandant Massoud. Dahmane était arrivé en Belgique en 1988 pour terminer une licence en journalisme entamée à Tunis. De fil en aiguille, le jeune Tunisien a été aspiré dans une filière islamiste bruxelloise qui l'a amené, le 9 septembre 2001, à commettre l'attentat fatal au chef de l'Alliance du Nord.
Dans sa dernière édition, l'hebdomadaire `Le Vif-L'Express´ révèle que Malika - la dernière épouse de Dahmane - a été inculpée par le juge d'instruction bruxellois Christian De Valkeneer pour `association de malfaiteurs´.
Miraculée du chaudron afghan, Malika n'a dû son salut qu'aux compagnons de son mari - haut-gradé dans la hiérarchie militaire du réseau al Qaeda - qui mourra dans l'attentat contre le commandant Massoud. Elle aurait fui Jalalabad pour le Pakistan au début des bombardements américains sur la région. Selon ses dires, Malika était au courant de l'appartenance de son mari au réseau d'Oussama ben Laden, mais aurait appris par la presse qu'il était l'un des assassins de Massoud. Rapatriée aux frais de l'Etat belge, la jeune femme suscite l'intérêt de tous les services secrets de la planète. En raison, notamment, de sa connaissance intime des réseaux islamistes. De retour à Bruxelles, Malika a renoué le contact avec le Centre islamique belge (CIB) de Molenbeek-Saint-Jean, la mosquée radicale d'Ayachi Bassam, le religieux qui, pour certains, aurait béni son mariage religieux avec Abdessatar Dahmane. `Est-ce pour ses mensonges répétés ou par sa participation matérielle aux activités de son mari qu'elle a été inculpée ?´, s'interroge `Le Vif´.
Malika n'a jamais caché qu'elle restait d'abord une moujahidine qui refuse toujours de considérer son mari comme un terroriste et se met encore aujourd'hui sous la protection de ses frères musulmans.
© La Libre Belgique 2002
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