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Édito

Un message fort attendu du G20

Par PIERRE LOPPE

Mis en ligne le 15/11/2008

Les dirigeants de vingt pays industrialisés et nations émergentes sont réunis depuis vendredi soir à Washington pour élaborer une stratégie concertée face à la crise financière, la pire depuis la Grande dépression de 1929, alors que l’entrée en récession se confirme de toutes parts.

Le sommet est censé dresser "la liste des objectifs à atteindre" et établir un calendrier pour les mois à venir. Parmi les pistes qui sont évoquées, figurent une meilleure gestion des risques par les banques, la lutte contre l’opacité et les malversations sur les marchés financiers, le renforcement des normes comptables, etc. Autant d’objectifs louables qui sont bien entendu très en deçà de ce qu’on attend réellement du G20. En aucun cas, celui-ci ne peut se contenter d’un communiqué final ampoulé redéfinissant le rôle du FMI ou stigmatisant la stratégie des fonds spéculatifs et des agences de notation. Ce qu’il doit faire, c’est arrêter un plan d’action ambitieux et changer des règles qui auraient dû être modifiées depuis longtemps. Et qui ont fait l’objet de promesses jamais respectées

Face à la montée des périls, il s’agit d’envoyer un signal clair, sans équivoque, sur la volonté de transformer les règles planétaires de façon concertée. Un pari vital pour rétablir la confiance et reconquérir la croissance.

Difficile? L’exercice s’annonce ingrat, compte tenu des différences de vision entre participants du G20. Qu’ont en commun les pays anglo-saxons, l’Europe, la Chine et l’Afrique du Sud? Quelle est la marge de manœuvre des Américains, alors que Bush s’oppose à l’instauration d’une autorité régulatrice mondiale et que Barrack Obama fait encore antichambre?

Poser ces questions, c’est, hélas!, y répondre. La réunion risque de n’être qu’un "coup d’envoi" et de ressembler de très loin aux accords de Bretton Woods dont elle se revendique. Comme en 1944, c’est en profondeur qu’il convient pourtant de redessiner l’architecture financière mondiale.

La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu: les entretiens seront "difficiles". "Il ne faut pas s’attendre à un miracle", a renchéri José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.

C’est clair. Mais, quitte à forcer le trait, ce qu’il faut éviter à tout prix, c’est que le G20 concocte, comme l’a pressenti un conseiller de Nicolas Sarkozy, "un pudding de Noël dur à cuire et donnant mal à la tête". La crise financière qui s’est installée durablement, qui rejaillit jour après jour sur l’économie réelle et traumatise l’opinion, appelle une réponse musclée et unanime. Que celle-ci vienne de Washington ou d’ailleurs.

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