Déco & Design

La BRAFA 2017, qui réunit 132 galeries et marchands d’arts provenant de 16 pays différents, se tient à Tour & Taxis (Port de Bruxelles) jusqu’au 29 janvier. L’évènement culturel est incontournable pour les amateurs et professionnels de l’art. En 2016, plus de 58.000 visiteurs avaient foulé le tapis de la Brafa.

Justement, quel designer se cache derrière le tapis qui a été déroulé cette année ? Réponse : Eugénie de Bergeyck, une étudiante (21 ans) en 3ème année à La Cambre (option Design textile) qui a remporté le concours de design organisé en septembre dernier.

© DR

Intitulé "Froissages", le motif du tapis de la Brafa consiste en une illusion optique de plis et de chiffonnages surdimensionnés. Par l'organicité des formes, la surface plane du tapis se projette en une allée de mouvements. De quoi renforcer son aspect moelleux.

Tant d’espoirs sur la Brafa

Harold ‘t Kint de Roodenbeek et Béatrix Bourdon sont les deux grands chefs de cette réunion de plus en plus grande, belle, convoitée et internationale foire d’antiquaires de Belgique. Soutenue par la banque Delen qui aime plus que d’autres le patrimoine bâti comme les objets d’art qui personnalisent notre illustre royaume, la foire de Tour & Taxis est un must qu’il faut aller voir même si les périls climatiques peuvent freiner les ardeurs.

La Brafa reste elle-même, un salon d’importance majeure dans le paysage européen mais qui ne cherche pas à exploser les statistiques pour faire parler d’elle dans la presse. Les stabilités qualitative et quantitative ont été trouvées depuis quelques années. Ne point trop en faire est une position stratégique basée sur la sagesse.

© Photonews

Paris-Bruxelles

Les Belges et les Français fournissent la grande part du contingent alors qu’il y a un peu plus de quinze pays représentés; certains antiquaires sont basés sur différents pays, comme les Huberty et Breyne qui "chat-ouillent" Paris et Bruxelles pour défendre Geluck et d’autres stars. Il en est de même avec "Cento Anni", maison installée au Sablon depuis plus de trente ans et à Paris, rue de Miromesnil, tout près de l’Elysée où l’on défend Chiparus et d’autres sculpteurs vers 1900.

Nos compatriotes occupent soixante stands, ce qui donne un peu plus de personnalités quand on regarde le seul stand des libraires; ils y seront quatre ou cinq avec le parisien Chamonal qui pourrait prendre tout un stand s’il le voulait. Sanderus (Gand) fait cavalier seul et on le comprend vu la quantité de livres souvent de grandes tailles qu’il présente et les merveilles qu’il expose. De même pour le stand groupé sous le nom de "Pavillon de la Céramique" où les Lemaire (Bruxelles) et Marc Michot (Bruges) exposent sous le même toit, pour ne pas dire le même voile faîtier.

© Brafa

Trop peu de Néerlandais

Les Français sont quarante-neuf, emmenés par Steinitz et Perrin, mais ils sont aussi forts en moderne et contemporain, en art non-européens depuis l’Afrique jusqu’à la Chine. Et comme le signale le président Harold ‘t Kint, les arts anciens ne représentent plus qu’un tiers voire 25 pc du panel, toutes spécialités confondues. Le tout, pour lui et le comité organisateur qu’il préside, étant de garder un équilibre et d’essayer d’en faire revenir parmi les plus illustres. C’est là que l’on se réjouit du retour de La Mésangère (Liège) qui sort de Namur avant de filer sur la Tefaf. Il en est de même avec Anne Autegarden qui défend le mobilier et les objets d’art du XXe siècle en ne participant qu’à des foires internationales. "On nous dit que c’est la crise, mais les candidats exposants veulent des stands plus grands que les années antérieures, ce qui est signe d’une vitalité certaine et donc très positif", révélait encore le président.

Les pays limitrophes sont de manière naturelle les plus fidèles mais on s’étonnera de la grande faiblesse des antiquaires néerlandais. Il n’y en aura qu’un seul (Floris Van Wanroij versé dans la Haute-Epoque), alors que ce pays fourmille de gens de grande qualité.

La Brafa en son écrin industriel s’est fait une place au soleil, à force de travail et de compétence, de fidélité surtout à des gens qui créent l’événement sur le site ancien de la SNCB et des Douanes. C’est un salon luxueux mais tout en simplicité comme les Belges peuvent le faire en mêlant efficacité et magie, le tout saupoudré d’une gentillesse qui nous éloigne de tout snobisme et de ses airs supérieurs. Notons par ailleurs que la Fondation Roi Baudouin sera présente pour animer un grand espace de conférences sur les arts.