Déco & Design

La colocation haut de gamme : une tendance forte qui s'installe à Bruxelles notamment grâce à Tanya Morton, une Américaine installée depuis longtemps à Bruxelles. Elle a imaginé trois maisons où les cohabitants bénéficient de luxe, de confort et d'intimité tout en profitant des avantages d'habiter en communauté. Visite exclusive de la toute dernière, nichée à Saint-Gilles.


Dans les grandes capitales européennes, c'est une tendance à la hausse : la colocation. Et si la plupart du temps, les cohabitants se rassemblent dans un projet de vie commune de manière informelle en investissant une grande maison, certains ont la chance de loger dans une maison partagée tout confort.

Et à Bruxelles, coeur de l'Europe où des expatriés viennent travailler pour quelques années, la cohabitation a toujours eu la cote, les grandes maisons de maître se prêtant parfaitement à vivre ensemble et séparément !


Contrer la solitude

© PSG Studio

Il y a six ans et demi, Tanya Morton, une Américaine installée à Bruxelles depuis plus de 20 ans, s'est inspirée de sa propre expérience pour lancer un co-living qui pourrait accueillir de jeunes (ou moins jeunes) actifs dans un lieu spacieux et confortable. "Je rêvais de proposer une alternative à la solitude de la vie en studio et à la colocation étudiante. Lorsque l'on commence à travailler, le confort et l'intimité deviennent des critères primordiaux", explique ainsi Tanya.

Une première maison ouvre rue de la Linière à saint-Gilles, non loin du Parvis. Suivie d'une autre, quelques années après, rue de Neufchâtel près du Châtelain à Ixelles. Et aujourd'hui, une troisième Morton Place est née, qui va accueillir huit colocataires dans une grande maison de 600 m² que nous avons visité en avant-première.

Dans cette nouvelle maison qui a totalement été rénovée pour en garder le caractère tout en faisant entrer la lumière, l'ambiance est feutrée, cosy, on se sent immédiatement à l'aise : l'ample cuisine donne sur un salon aux canapés profonds, le bleu canard répond au vert émeraude. Chacun y trouvera sa place dans les parties communes : il y a trois refrigérateurs et chacun aura un grand placard pour y ranger ses victuailles. Pour le reste, tout est déjà fourni.

Aux étages, des chambres (une seule est petite) vastes et très agréables avec un grand lit, un bureau, des fauteuils, des tapis, une penderie, une salle de bains. La décoration et la configuration est unique pour chaque. Elle vient du travail acharné et passionné de deux décoratrices d'intérieur, Isabelle Steemans et Claudia Ahrend qui ont chiné des mois durant en Belgique et en Scandinavie pour former un ensemble harmonieux où le charme de l'ancien côtoye les inspirations contemporaines et chaleureuses venues de l'Europe du Nord.


Venus de tous les coins du monde

© PSG Studio

On pourrait penser ce genre d'habitat réservé à un public travaillant pour la communauté européenne en mal de logement pour quelques mois. Eh bien pas du tout ! "Dans la grande majorité, les locataires restent au moins un an et quand ils partent, c'est pour aller s'installer dans une autre chambre qu'ils ont apprécié et qui est vacante, ou qu'ils quittent la Belgique, ou... qu'ils ont rencontré quelqu'un et s'installent en couple", estime Tanya Morton. Et 20% seulement des Morton-colocataires travaillent pour l'UE. "Il y a des Belges aussi qui ne connaissent personne à Bruxelles et beaucoup d'autres nationalités différentes."

Les parties communes des Morton Places sont prises en charge par une "housekeeper" de façon hebdomadaire, les colocataires devant s'occuper de leurs chambres uniquement. L'eau, l'électricité, le chauffage et le wifi sont compris dans les prix des chambres, qui oscillent entre 650 et 900 euros maximum.

Un prix finalement raisonnable au vu du confort, de l'espace, de l'intimité... Tout ça marié au réconfortant sentiment d'appartenance à une communauté qui fait du bien "quand on a tout quitté pour s'installer dans une ville inconnue!".