Déco & Design

Virginie Struelens, a.k.a Germaines, restauratrice de meubles, transforme du mobilier vintage populaire qu'elle récupère en créations contemporaines uniques.

On connaît l’histoire de la citrouille qui devient un joli carrosse sous les coups de baguette magique. Virginie Struelens, elle, transforme des meubles franchement mal-en-point en mobilier unique qui fait mouche dans les chambres et les salons contemporains.

L’aventure Germaines, nom de son entreprise de restauration de meubles lancée il y a 4 ans, est née d’un loisir familial. “Avec ma sœur, on s’amusait à customiser des meubles qu’on chinait car on voulait avoir des meubles rien qu’à nous. C’était notre activité du dimanche après-midi. On ponçait et camouflait les défauts avec des surfaces de couleurs. Ensuite, on a commencé à revendre sur les sites de seconde main” , explique la jeune femme installée à Bruxelles. L’activité du dimanche se transforme peu à peu, pour Virginie, en perspective professionnelle.

La trentenaire formée en architecture d’intérieure lâche son boulot en 2013 et décide d’entamer une formation professionnelle de restauration de meubles anciens. Elle lance parallèlement sa petite entreprise et l’appellera Germaines, anagramme mixte de son prénom et de celui de sa sœur Amélie.

Recyclage, un credo perso

Dans une démarche de recyclage qui lui tient à cœur, Virginie choisit des meubles anciens selon ses coups de cœur, avec une préférence pour le mobilier vintage populaire des années cinquante aux années septante. “Parce qu’elle aime ce style” , mais aussi, avoue-t-elle avec une humilité à hauteur de son talent, “car il s’agissait de pièces assez faciles à travailler au départ, en raison des lignes épurées et des coupes rectilignes qui caractérisent le mobilier de cette époque.” Elle les restaure de la tête au pied et leur donne une touche de couleur finale, – taupe, beige, vert,…et autres tons naturels – qui fait la “patte Germaines”. Les clients lui font des commandes précises ou lui donnent carte blanche. “C’est ici que ma formation d’architecte d’intérieure m’est utile. J’observe l’intérieur des clients, essaye de voir au mieux quelle couleur peut se marier avec leur décoration” , souligne Virginie.

De la customisation à la restauration

Aujourd’hui, à l’aube de terminer sa formation, Virginie reste Germaines – et les clients en sont friands, “certains ne se meublant qu’avec son mobilier” , confie-t-elle amusée. Mais la jeune femme, de nouvelles compétences en poche, désire s’ouvrir à d’autres époques et d’autres techniques. “J’ai envie de m’amuser à autre chose et de me tourner vers de la restauration classique. Sur les meubles que Germaines travaille, ce sont souvent les mêmes points sensibles et défauts qui se répètent… En plus, les meubles de cette époque deviennent tellement tendance que je m’éloigne un peu de l’idée de base qui était de mettre en valeur des objets dont plus personne ne veut. La restauration classique permet de travailler avec de belles matières – du bois noble, de l’ébène – et d’utiliser des techniques anciennes, de faire des produits moi-même”.

Elle vient d’ailleurs de donner une nouvelle vie à un écritoire Napoléon III, meuble familial rongé par le temps qui trônera désormais dans le salon.

Pour plus d’infos, on file sur www.germaines.be

>> L’upcycling, késako ?

“Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” ! Cet aphorisme que l’on prête à Lavoisier prend son sens dans le concept d’upcycling. L’idée est simple : transformer un matériau, quel qu’il soit, en objet qui a de la valeur.


Avant-après : petite histoire d’une commode Germaines

Etape 1. Les meubles arrivent toujours en très mauvais état dans l’atelier de Virginie. “ Les chevets en placage teck était très abimés à cause de l’humidité, le piétement (partie basse du meuble, les pieds, NdlR) se décollait, le vernis était altéré par des auréoles et le panneau plaqué gonflé ”, diagnostique-t-elle.

Etape 2 . Virginie procède alors au démontage complet du meuble afin d’injecter à la seringue de la colle dans les panneaux fragilisés. Les panneaux démontés sont ensuite mis sous presse afin de resserrer les particules de bois du panneau aggloméré plaqué. Une fois la surface plane garantie, le meuble est remonté.


Etape 3. Après ce gros œuvre, vient l’étape de finition des surfaces. “ Je décape les anciens vernis, réalise des greffes de placage, je ponce, je mets la teinte.” Place alors à la finition à l’huile dure satinée (dans ce cas-ci), la laque sur les portes et le coloris choisi par la cliente et réalisé sur mesure.