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L'art du bien manger (tant au niveau du goût que de l'origine des produits) s'ouvre à un public de plus en plus large. Voici cinq restaurants dont la volonté est de rendre cette gastronomie abordable.

De nos jours, la cuisine gastronomique se veut plus accessible, tant financièrement qu'au niveau des goûts. Inventive à souhait, fraîche, avec des produits de qualité qui ne sont plus nécessairement de grand luxe, mais surtout bien de chez nous et parfois oubliés. Ainsi, le fin gastronome découvre ou redécouvre les plaisirs du palais. Et ces moments privilégiés ne sont plus uniquement réservés à une certaine élite. Des chefs se donnent à cœur de proposer des menus à des prix abordables. Voici cinq restaurants où se régaler à Bruxelles et en périphérie sans vider son portefeuille.


Maxime Colin


Dans le cadre bucolique et enchanteur d'un ancien presbytère, il s'agit tout simplement d'un moment dépaysant et reposant à quelques minutes de Bruxelles. Maxime Colin a installé ses cuisines dans l'ancien "d'Oude Pastorie" il y a tout juste un an. Après la Villa Lorraine, le jeune chef (Jeune Chef de l'année 2016 par le Gault & Millau) a donc décidé de voler de ses propres ailes. Et c'est une jolie réussite !

Accompagné de son frère Gaëtan (le propriétaire), il propose une gastronomie plutôt classique, mais bien plus audacieuse que la plupart des grandes institutions, avec des touches d'originalité, comme des saveurs du Japon ou d'ailleurs. La philosophie du chef: mettre en avant des aliments de premier choix à des prix raisonnables pour le client. Les produits travaillés sont donc de qualité, locaux et de saison. On se laisse volontiers surprendre par les associations de saveurs, comme en septembre dernier ce thon cru aux fèves des marais, caviar et coulis vert (un délice de fraîcheur, une explosions de goûts). Les mises en bouche sont exquises (cette crème brûlée de foie gras à la Granny Smith !) et les mignardises se laissent déguster après un repas pourtant généreux.


Si sa cuisine apporte un vent de fraîcheur à l'assiette, le cadre chic, mais cosy du lieu complète cet instant zen et apaisant. Et c'est sans compter l'extraordinaire terrasse face à l'étang lors des beaux jours. Le personnel est sympathique, même amical, surtout Lionel, le sommelier qui sort de sa cave des tas de bons vins en fonction des envies, des menus et des aspirations de chacun. De délicieuses découvertes et des explications passionnées qui raviront les amateurs de bonnes bouteilles.

--> Maxime Colin, Pastoorkesweg 1, 1950 Kraainem. Tel : 02 720 63 46. Fermeture le samedi midi, le dimanche soir et le lundi. Les autres jours ouvert de 12h à 14 h et de 19h à 22h. Le lunch à partir de 25 €. Menu trois services : 52 euros. Menu 6 services : 84 euros. Infos: www.maximecolin.be


Le Brinz'l


Le numéro 93 de la rue des Carmélites, c'est une fameuse enseigne. Plusieurs grands chefs y ont réalisé leurs premiers pas, dont le doublement étoilé Christophe Hardiquest. Et c'est justement une de ses meilleures élèves, une personne qu'il admire, qui s'est lancée il y a un peu plus d'un an à cette prestigieuse adresse d'Uccle. Laure Genonceaux a donc ouvert son propre restaurant le Brinz'l, du mot "brinzelle" qui veut dire "aubergine" en créole, en hommage à sa maman. Un établissement charmant, discret comme elle, et de très bon goût dans une rue calme. Les tables sont assez proches les unes des autres et pourtant on ne se sent pas du tout oppressé ni par cette proximité, ni par le bruit de salle, que du contraire. Un agréable moment à passer dans un cadre moderne, chic mais pas du tout pompeux, plutôt décontracté.


Du côté de l'assiette, la cuisine de Laure est fine, féminine et classique, de tendance française. Les saveurs sont harmonieuses et les plats mettent en avant la qualité des produits. Peut-être manquent-ils encore un peu d'audace et d'exotisme (vu ses origines mauriciennes) ? Une audace qu'on retrouve volontiers dans ses amuse-bouches et qu'on espère plus présente dans les plats (les macarons aux maquereaux sont à tomber !). Jeune trentenaire, la cheffe est un talent qui bouillonne, et qui ne demande plus qu'à s'affirmer. Un restaurant qui commence à se faire un nom, à surveiller de près.

--> Brinz’l, rue des Carmélites 93, 1180 Uccle. Tel: 02 218 23 32. Ouvert du mardi au samedi midi et soir. Lunch à 30 €, menu 3 services à 50 €. Menu 4 services à 65 euros. Service voiturier. Infos: www.brinzl.be


Bozar Brasserie


Il est plutôt rare de manger étoilé sans devoir ouvrir grand le portefeuille. Espérons que cela dure, d'autant que le chef Karen Torosyan semble y tenir. La Bozar Brasserie vient donc de décrocher sa première étoile au Michelin. Un beau parcours récompensé pour ce champion de monde de "pâté-croûte" (2015) et meilleur “artisan-cuisinier de l’année" (2017). Ici, le cadre est celui d'une brasserie art-nouveau, un atout qui rend le lieu plus accessible à monsieur et madame tout le monde, car il est vrai, lorsqu'on ne fréquente pas souvent les grands restaurants, on se sent généralement mieux dans un endroit tel que celui-ci.


Passionné de gastronomie française, Karen Torosyan est un bosseur, cela se ressent dans ses plats à contre-courant basés sur l'artisanat qu'il travaille parfois pendant plusieurs heures. Il se concentre donc sur le savoir-faire et ne cherche pas à innover pour innover. Dans son restaurant, on dégustera donc des mets plutôt rares à la carte des autres gastronomiques comme son fameux pâté en croûte canard au sang de Challans et foie gras d’oie (il vaut mieux le commander plusieurs jours à l'avance)

--> Bozar Brasserie, rue Baron Horta 3, 1000 Bruxelles. Tel: 02 / 503.00.00. Du mardi au vendredi 12h – 14h et 18h – 21h45 . Samedi 18h – 21h45. Fermé les samedi midi, dimanche et lundi. Menu 3 services à 44 euros, menu 5 services à 79 euros. Le lunch à 34 euros. Infos: www.bozarbrasserie.be


Le Chavignol


Un restaurant à taille humaine entre Ottignies et Louvain-la-Neuve. Ici, on sert une cuisine authentique, sincère et on se régale. Quand on ouvre la porte du Chavignol, on pourrait presque se sentir à la maison, d'autant que l'accueil de Marie Ciuro (l'épouse du chef) est véritable et chaleureux. La salle est épurée, simple, sans fioriture, juste de magnifiques tableaux sur les murs, les ouvrages de Marie qu'elle vend pour des causes qui lui tiennent à cœur. On s'y sent bien, à sa place, pas de pression, pas de sentiment de devoir respecter une certaine étiquette, pas d'artifices. Bref, c'est un moment vraiment succulent qui permet de se concentrer sur l'essentiel.


Plus que l'esthétisme, les assiettes du chef Carmelo sont orientées principalement sur les produits. Leur qualité est parfaite. En ce début de printemps, l'attente était à la fraîcheur et c'est plutôt réussi. Des asperges magnifiques, de la barbue fondante, et puis ces morilles dont le goût s'éternise sur les papilles... Des plats appétissants, gourmands, harmonieux, avec un côté créatif simple qui suffit amplement. La cuisine y est de pure tradition française et généreuse, ce qui n'est pas toujours le cas dans les restaurants gastronomiques. Côté vin: de belles découvertes et sans maître sommelier SVP ! Et pour les desserts, c'est Marie qui régale, car le Chavignol, c'est aussi cela, un restaurant familial. 

--> Le Chavignol, rue de l'Invasion 99, 1340 Louvain-la-Neuve. Tel: 010 45 10 40. Du jeudi au samedi (midi et soir), le dimanche midi. Menu trois services à 38 euros, menu 4 services à 54 euros, menu du jeudi soir à 55 euros ( avec apéro, vins, café), lunch à 32 euros. Cours de cuisine possible avec le chef Carmelo Ciuro. Info: http://lechavignol.net


L'Amandier


L'Amandier, c'est une histoire de famille depuis plus d'un quart de siècle. Cette belle enseigne de Genval (à deux pas du lac) offre une cuisine précise, des plats originaux qui font fondre autant les yeux que les papilles. Aux fourneaux, ils sont deux: un père et un fils ! Il y a donc Marc'O Volkaerts, le papa et Martin Volkaerts. Du haut de ses 25 ans, le fiston a déjà un beau parcours derrière lui: L'Air du Temps, De Pastorale, Quique Dacosta et même le Noma (plusieurs fois meilleur restaurant du monde). Le grand public le connaît surtout via l'émission Top Chef pour sa brillante participation en 2015 qui lui a valu le surnom de Linguini du dessin animé Ratatouille. Le cadre du restaurant est sobre et moderne et la cuisine ouverte permet de se pencher sur le travail de préparation si minutieux d'un tel restaurant. Le personnel est discret et sympathique. A l'extérieur, on peut apercevoir les ruches au fond du jardin, un côté nature et bio qui fait vraiment plaisir.


Dans l'assiette, c'est une explosion de saveurs, des textures différentes (comme ce dessert mangue et noisette froid, chaud, doux, acide, pétillant ), de l'originalité, de la subtilité, de l'audace ! Les produits du terroir sont rois, d'ailleurs L'Amandier a rejoint depuis 2014 le groupement Génération W qui oeuvre justement pour la richesse gastronomique et créative wallonne. En ce début de printemps, on retrouve l'ail des ours, une herbe au goût exceptionnel et encore trop oubliée des restaurants (avec de l'anguille, juste exceptionnel). L'asperge en trois façons ne peut que convaincre, même les moins adeptes de ce légume. Les cuissons sont parfaitement maîtrisées (La lotte!) et les plats conduisent à la découverte. Chaque bouchée est un réel plaisir. Côté vin: sélection adéquate et l'apéro maison est à tomber. Une adresse incontournable du Brabant wallon.

--> L'Amandier, 9 rue de Limalsart, 1332 Genval. Tel: 02 65 30 671. Fermé le samedi midi, le mardi soir, le dimanche soir et le mercredi (Mais ouvert le lundi donc !). Parking privé. Menu 4 services à 49 euros, menu 7 services à 75 euros, lunch à 34 euros. Les Volkaerts ont aussi publié un très beau livre de recettes. Infos: http://amandier.be