Êtes-vous Chocoholique ?

Michèle Dryepondt Publié le - Mis à jour le

Food

LE "CHOCOHOLISME" EST un néologisme qui définit l’addiction au chocolat. Combien sommes-nous à éprouver une attirance particulière pour ce mets délicat, délicieux et, ô combien, nourrissant ? Du simple carré pour clore le repas à la tablette engloutie comme lot de consolation, le chocolat ne laisse pas indifférent. Alors que noir et très amer, il est peu apprécié spontanément, il gagne en succès lorsqu’il est plus doux.

C’est parce qu’il est gras et sucré qu’on l’aime ! Et cela s’explique : à la base, l’acte de manger nous procure du plaisir, parce qu’il assouvit un besoin physiologique. Il fait disparaître l’état inconfortable de faim. Plus les aliments sont gras et sucrés, plus leur pouvoir rassasiant est important. Nous avons vite fait le lien, de manière inconsciente, entre le goût d’un aliment, en l’occurrence, le chocolat, et l’effet bénéfique qu’il nous procure.

On lui attribue aussi un effet psychotrope (calmant). Cela a été mis en évidence chez la souris qui s’est montrée capable d’endurer des chocs électriques pour pouvoir avoir accès à l’aliment, lorsqu’elle y avait été exposée préalablement. Chez l’homme, on observe qu’en cas d’humeur négative ou de stress, la recherche de chocolat ou d’aliments gras et sucrés augmente.

En 2006, un groupe de chercheurs de l’université de Würzburg, en Allemagne, a réalisé une petite étude rassemblant 37 femmes en bonne santé. On leur a demandé d’évaluer leur état subjectif, 5, 30, 60 et 90 minutes après avoir consommé soit une barre de chocolat, soit une pomme, soit aucun aliment. Le chocolat et la pomme ont réduit la sensation de faim et amélioré l’humeur, mais avec des effets plus marqués pour le chocolat. La consommation de chocolat apportait plus de satisfaction et aussi, pour certaines, un sentiment de culpabilité.

Lors d’une autre étude, 2692 personnes dépressives, dont 71 % de femmes d’un âge moyen de 40 ans, ont déclaré que le chocolat leur était nécessaire pour réduire les symptômes dépressifs, l’anxiété, l’irritabilité ou la régulation des troubles émotionnels.

Mais peut-on parler d’addiction ? L’addiction se caractérise par un besoin compulsif de consommer une substance, par une consommation non contrôlée et par la présence de symptômes de manque (angoisse, irritabilité) lors de sevrage. Des études - menées sur des humains à l’aide de techniques de neuro-imagerie cérébrale - ont montré une similitude entre les réponses physiologiques engendrées par la présence d’aliments appréciés et de drogue. Mais la comparaison s’arrête là.

Manger implique l’intervention de différents systèmes hormonaux de notre organisme et pas seulement le circuit plaisir-récompense. L’attrait du chocolat pourrait se voir renforcer par l’effet du conflit entre le désir d’en manger et la nécessité culturelle de ne pas en consommer trop pour limiter les apports caloriques. Il se peut, cependant, que le cerveau de certaines personnes traite les stimuli alimentaires de manière semblable aux stimuli addictifs, ce qui renforce chez elles l’envie de consommer des aliments riches en grandes quantités. On parlera plutôt d’"impulsion" alimentaire que d’addiction.

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