Gordon Ramsay , une star anglaise

Hubert Heyrendt Publié le - Mis à jour le

Food

Si sa tradition culinaire n'est pas la plus renommée, l’Angleterre est, depuis quelques années, l’une des nations les plus férues de cuisine. On ne compte plus les programmes culinaires qui cartonnent outre-Manche, de "Come Dine With Me" ("Un dîner presque parfait") aux shows des stars du petit écran que sont Jamie Oliver, Nigella Lawson, Ainsley Harriot, Heston Blumenthal ou Gordon Ramsay. Contrairement à la plupart de ses petits camarades, dont il se moque volontiers dans ses émissions, Ramsay est, lui, un chef professionnel, aujourd’hui reconverti en homme d’affaires à la tête d’une liste interminable de restaurants

Né d’un père ouvrier et d’une mère infirmière dans la banlieue de Glasgow en 1966, mais ayant été élevé en Angleterre dès l’âge de 10 ans, rien ne prédisposait le gaillard à devenir un chef trois étoiles. Plus jeune, il se rêvait plutôt footballeur avant qu’une grave blessure au genou ne l’oblige à changer de voie Ce sera donc l’école hôtelière. Dans la foulée, il rejoint à Londres le célèbre chef d’alors Marco Pierre White, avant de poursuivre, toujours à Londres, sa formation chez Albert Roux au "Gavroche". Le Français l’envoie ensuite à Tignes, puis le recommande à Guy Savoy et à Joël Robuchon, qui l’emploient à Paris. De retour à Londres en 1993, il s’associe avec Marco Pierre White, qui lui offre les cuisines d’"Aubergine" à Chelsea, où il décroche sa première étoile Michelin en 1994 et la deuxième en 1997.

Une dispute avec White le pousse à déménager un peu plus loin, Royal Hospital Road, pour ouvrir son premier restaurant à lui, le "Gordon Ramsay Restaurant", qui lui vaudra son 3e macaron en 2001. Aujourd’hui, la galaxie Ramsay comprend des dizaines d’enseignes, mais cette première adresse reste le vaisseau-amiral de la flotte, seule table triplement étoilée de Londres. Un havre de paix à la décoration contemporaine sobre et au service stylé, où l’on sert une cuisine française soignée (cf. Sortez couverts).

L’arrivée de la troisième étoile apporte au chef britannique une renommée internationale, qui lui permet d’ouvrir d’autres restaurants : d’abord à Glasgow, puis à Londres (au "Claridge" notamment, mais aussi le "Maze" et le "Petrus") Suivront Dubai, Tokyo en 2005, New York en 2006 (le "Gordon Ramsay at the London" est doublement étoilé), Los Angeles en 2008 Sans oublier le reste de la Grande-Bretagne, l’Irlande et Versailles, où son "Gordon Ramsay au Trianon Palace", ouvert en 2008, est déjà doublement étoilé. Au total, le bonhomme cumule donc 10 macarons aux quatre coins du monde.

Mais la gloire, c’est grâce au petit écran qu’il la trouvera. En 2004, il présente sur la chaîne privée Channel 4 "Hell’s Kitchen" et, surtout, "Kitchen Nightmares", où le chef fait le tour de l’Angleterre pour conseiller des restaurateurs en difficulté. Ce concept imparable - qu’il adapte aux Etats-Unis, tandis que Jean-Pierre Coffe reprend son rôle sur M6 en France - lui permet de peaufiner son image de grande gueule teigneuse qui lui colle désormais aux basques. Suivront deux saisons de "The F Word", émission foutraque où il aborde la cuisine au sens très large en invitant notamment des people, et "Gordon Ramsay Cookalong Live".

Depuis, Gordon Ramsay n’est plus un chef mais une marque et une image, qu’il vend de Londres à New York en passant par Tokyo Qu’il s’agisse de conseiller le catering d’une compagnie aérienne ou de publier à tour de bras des livres de recettes. Autant dire qu’il ne passe plus beaucoup de temps en cuisines, ayant délégué la supervision de ses multiples restaurants à son "executive chef" Mark Askew, formé aux "Maisons de Bricourt" de Roellinger et chez Michel Bras. Aujourd’hui, Ramsay est sans doute devenu, avec Jamie Oliver, la première véritable star médiatique de la gastronomie. Une biographie a d’ailleurs déjà été publiée, tandis que ses photos et le récit de ses mésaventures extraconjugales font la une des tabloïds. Qu’importe. A l’image d’autres stars internationales de la cuisine, comme les Français Joël Robuchon, Alain Ducasse et Pierre Gagnaire, ou encore l’Américain Thomas Keller, Ramsay a opté pour un modèle de chef-star, dont le nom à lui seul fait rêver des milliers de gourmands

Hubert Heyrendt

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