Food On sait que le Champagne sert à rafraîchir les pilotes de formule 1. Mais on sait moins d’où vient son succès. A l’apéritif .

Les vins français sont-t-ils les meilleurs du monde ? Le débat est ouvert et plus que jamais d’actualité. Dans la catégorie des vins rouges, on trouvera toujours de prestigieux producteurs de Toscane, de Ribera del Duero ou de la Napa Valley, prêts à croiser le verre avec leurs homologues de l’Hexagone pour leur disputer le titre de champion du monde. Dans la catégorie des blancs, les sauvignons de Nouvelle-Zélande ou les Rieslings allemands peuvent également prétendre au titre.

Par contre, il est un terrain sur lequel la France n’a jamais connu de défaite, c’est celui des effervescents. Souvent copiée mais jamais égalée, la Champagne règne en maître absolu sur l’industrie des vins mousseux.

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les prix qu’acceptent de payer les consommateurs de la planète. Et ils sont nombreux, puisque plus de 312 millions de bouchons de bouteille de Champagne ont explosé l’année dernière. Ici aussi, on retrouve les Français en tête du classement des consommateurs. Les Français boivent 52 % de leur production. La Belgique se positionne en 5e position avec une importation "taxée" de 9,2 millions de cols. Chiffre qui ne tient pas compte des achats effectués en France, soit dans les grandes surfaces frontalières, soit directement en région de production. La consommation réelle est estimée à près de 13 millions de bouteilles, ce qui place cette fois le Belge comme second consommateur de Champagne per capita.

Presque impropre à la consommation ?

Comment expliquer ce succès planétaire ? C’est pourtant paradoxal car, finalement, les vins de base de la Champagne ne sont jamais que des vins blancs acides, élaborés dans le vignoble le plus septentrional de France où les raisins peinent à mûrir.

Pratiquement impropres à la consommation, il a fallu le génie de Don Pérignon, qui, selon la légende, réussit à gazéifier, lors d’une seconde fermentation en bouteille, ces vins trop vifs pour que les consommateurs acceptent de les boire.

Il faut chercher la réponse dans la combinaison des conditions géologiques et du climat frais qui distinguent la Champagne de toutes les autres régions d’élaboration de mousseux. La finesse, l’élégance, la subtilité trouvent leurs racines dans les sols riches en minéraux et un climat plus chaud rendrait les Champagnes plus lourds et plus patauds. Ce qui explique aussi dans la logique du réchauffement climatique, le succès de nos effervescents nationaux élaborés sur des sols riches en calcaire.

La seconde raison est la parfaite maîtrise de la technologique de la seconde fermentation en bouteille et la magie opérée entre les lies et les vins qui reposent sur latte dans les mythiques caves champenoises.

La magie, c’est peut-être le mot qui colle le mieux à une bouteille de Champagne. Il suffit de prononcer son nom lors d’un repas intime, d’affaires ou de famille pour que les yeux commencent à pétiller. C’est magique, la fête prend de suite de l’ampleur, le moment devient solennel comme si cet auguste breuvage opérait un effet magnétique sur les convives. On peut critiquer la futilité du moment, l’excès de luxuriance et de stupre, mais comment résister à l’invitation d’une flûte de Champagne ?

Une armée d’avocats

Sur le plan légal, les Champenois ont très tôt veillé à protéger la marque "Champagne". Pour s’en réserver l’exclusivité et empêcher que d’autres producteurs puissent l’utiliser, l’AOC Champagne a été créée. Le Comité Interprofessionnel des vins de Champagne (CIVC) est particulièrement vigilant pour faire interdire sur tous les marchés l’usage du nom "Champagne" ou dérivé, comme "champana", largement utilisé comme nom commun depuis des décennies aux quatre coins de la planète pour désigner un vin effervescent.

L’interdiction de l’usurpation du nom Champagne a même été étendue à d’autres produits comme les cigares, cosmétiques et autres produits voulant se positionner sur le marché du luxe. Le CIVC a poussé le bouchon assez loin pour interdire l’usage du terme "méthode champenoise" pour toutes productions hors de l’appellation Champagne. Les autres producteurs de vins effervescents réalisés par une seconde fermentation en bouteille devant se rabattre sur le vocable "méthode traditionnelle".

Sur le terrain législatif les Champenois sont également les champions du monde, et une armée d’avocats chasse partout sur la planète les indélicats contrevenants. Une petite exception épinglée au sein même du sérail attire cependant l’attention. Le groupe LVMH qui surfe à la marge de la législation, profite de la notoriété de sa renommée marque champenoise Moët et Chandon pour élaborer et commercialiser d’excellents vins effervescents dans des contrées lointaines comme le Brésil, la Californie, l’Australie ou l’Argentine sous la marque "Chandon". Il n’oublie évidemment pas de mentionner que la cuvée est élaborée par leur œnologue Philippe Mevel, chef de cave à Epernay, et qu’il conjugue le savoir faire champenois aux terroirs locaux. Bien vu !


Pour tout savoir sur le Champagne

Une application d’e-learning est destinée à tous ceux, du débutant à l’amateur confirmé, qui souhaitent découvrir ou approfondir leurs connaissances du Champagne : ses origines, ses caractéristiques uniques, son élaboration et sa dégustation. Vous découvrirez également un quiz d’introduction pour évaluer votre niveau et trois parcours de formation adaptés.

www.champagnecampus.com


A table !

Les asperges nous tendent les bras par ces beaux jours de printemps. Pour les accompagner : un blanc de blanc ! N’y voyez aucune allusion aux débats identitaires qui foisonnent entre ces deux tours des élections françaises. Un Champagne blanc de blanc est élaboré exclusivement avec du raisin à la peau blanche, le Chardonnay. Généralement plus gras, plus rond et plus structuré, il aura notre préférence à table. Sur les asperges à la flamande, les arômes du Chardonnay domineront la légère amertume de l’asperge et joueront les mêmes partitions que les œufs durs et le beurre fondu.



Toutes les bulles ne se ressemblent pas

Il existe trois grandes familles de vins mousseux :

- Méthode traditionnelle. Anciennement appelée champenoise, la technique consiste à effectuer une seconde fermentation en bouteille lors de laquelle le CO2 reste prisonnier de la bouteille.

- Méthode charmat. La seconde fermentation est réalisée en cuve close.

- Pétillant gazéifié ou mousseux gazéifiés. Le gaz carbonique est exogène, il est apporté en continu directement dans la cuve avant sa mise en bouteille.