La streetfood: bien manger sur le pouce

L. Wattecamps (St.) Publié le - Mis à jour le

Food Au détour de la place Sainte Catherine, vers 14h,  il fait noir de monde à la poissonnerie Noordzee. Touristes, clients habitués ou simplement curieux, ils font la file pour commander leur plat. Depuis quelques années, Noordzee a mis en place un fishbar qui entoure tout son commerce. On peut y commander un steak de thon cuit à la plancha ou des croquettes de crevettes pour moins de 10 euros et être servi en 5 minutes top chrono avec un bon verre de vin. Tout est typique, jusqu'aux caisses vides de poissons empilées pour former des tables de secours quand les clients sont trop nombreux.

Pionnier en la matière, Noordzee a donné un goût de renouveau à sa poissonnerie en permettant à sa clientèle de goûter, sur place, les divers produits qu'elle propose. "On ressent une ambiance particulière ici, très bruxelloise. La convivialité est un plus. Il y a un échange avec les autres clients. Le concept est assez inhabituel. Et puis, on peut acheter le poisson et refaire la recette à la maison si on a aimé ce qu'on a mangé", confie Frederic Rassart, client habitué. Ce concept surfe sur celui de la streetfood qui se développe de plus en plus en Belgique. 

Les petits plats de Noordzee

Manger sain et bon marché 

"Ce que nous voulons mettre en avant, c'est la gastronomie à la légère: proposer de la nourriture fraîche et saine à prix abordable, sans faire de chichis" explique la directrice de la poissonnerie. "Keep it simple and fast, c'est tout ce qui compte". Voici donc les règles de base de la streetfood. Concept né aux Etats-Unis, il se développe de plus en plus en Belgique et surtout dans la capitale. Les foodtrucks, ces camionnettes ambulantes, où l'on peut trouver glaces, frites ou gaufres n'ont plus besoin d'être présentées. Mais la nouvelle tendance est de proposer des mets fins et savoureux, parfois même gastronomiques, dans ces mêmes camionnettes ou dans des bars ambulants. 

Les tarifs attractifs attirent une clientèle diversifiée: comptez 10 euros pour un bon repas avec un verre de vin. Mais les horaires plus flexibles que ceux des restaurants ont aussi leurs avantages. "Les restaurants ne restent pas ouverts toute la journée. Le fishbar, lui, est ouvert de 11h à 18h, ce qui permet aux gens qui sont en réunions ou qui n'ont pas eu de pause de midi, de quand même manger quelque chose de sain, assez rapidement" précise la directrice de la poissonnerie. 

Manger en 2.0

Ce qui fait la particularité de ces haltes gourmandes, c'est leur rapport avec les réseaux sociaux. Des applications comme Foursquare permettent de notifier l'endroit exact où se déroulent les animations. Jean-Baptiste Nyssen, cuisinier de formation, a lancé sa camionnette "Keep on Toasting"  il y a huit mois. Il revisite le traditionnel croque-monsieur en y ajoutant sa touche personnelle. Produits locaux, cuisine ouverte et échanges avec le client sont les points forts de ses services. Ses croque-monsieur sont vendus au prix de 5 euros.

Pour se faire connaître, il ne fait aucune publicité sinon une activité quotidienne sur les réseaux sociaux. "Grâce à Facebook ou Twitter, ma clientèle sait quand j'ouvre mon camion et quelles recettes je vais proposer ce mois-ci. Avec Foursquare, ils peuvent savoir au mètre près où je me trouve. Ca permet une proximité avec le client", déclare-t-il, iPhone à la main. 

Sur les sites internet de ces chefs ambulants se trouvent les recettes de leur produits phares mais aussi l'agenda de leur sortie. 

Le croque-monsieur de Jean-Baptiste Nyssen

Redécouvrir la gastronomie

Vous l'avez peut-être déjà croisé à Bruxelles ou à Knokke, Culinaria propose chaque année un festival gastronomique. Lancé en 2009, Culinaria s’affiche comme le premier mouvement en Belgique à sortir les chefs étoilés de leur restaurant pour les faire cuisiner sous d’élégantes tentes en plein cœur d'une ville belge. Lors de cet événement gastronomique urbain, les chefs préparent dans leur camion des petits plats pour plus de 1200 personnes. 

"A la base, Culinaria est né de l'esprit d'une bande de copains avec une réelle sensibilité pour la gastronomie, qui veut sortir des cuisines pour un partage avec le public" confie Julien Burlat, chef du restaurant étoilé "Dôme" situé à Anvers. "La streetfood permet de mettre en avant des produits naturels et régionaux en réinventant la cuisine pour la rendre simple et à un prix abordable". 

Clément Petitjean, chef étoilé du restaurant gastronomique "La Grappe d'or", au cœur de la Gaume, nous raconte sa dernière expérience: "Nous avons proposé un hotdog de luxe avec du homard ou du cochon. Nous avons utilisé des ingrédients haut de gamme. Tout était fait maison. Le but était de faire manger un vrai hotdog tout en démocratisant les prix". Succès garanti. 

Des plats qui font saliver et des tarifs attractifs, voici la recette idéale d'une mise en bouche à déguster, avec, en prime, le sourire du cuisinier. 

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