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Ce lundi midi, Visit.Brussels a dévoilé son nouveau label Brusselicious, qui recense les restaurants de la capitale proposant une cuisine belgo-bruxelloise de qualité, mais aussi trois cantines et 12 fritkots.


Souvent délaissée par la gastronomie, la cuisine bruxelloise est doucement en train de retrouver ses lettres de noblesse. Lundi midi au Bip, la Maison de la Région bruxelloise, Christophe Hardiquest en apportait une démonstration éclatante avec ses formidables moules parquées à la Marolienne ou son américain retravaillé. Car quand le chef de "Bon Bon" s’attaque à la cuisine bruxelloise, c’est évidemment pour lui faire tutoyer les sommets. Grâce à ce travail historique sur les spécialités bruxelloises entamé il y a plus d’un an, il s’est en tout cas forgé une véritable identité qui lui permettra peut-être de rendre à la capitale une table triplement étoilée…

Si Hardiquest avait fait le déplacement, tout comme Lionel Rigolet du "Comme chez soi"** (qui revisitait, lui, le waterzooi) et Yannick Van Aeken du "Humphrey" (qui proposait une version croustillante des traditionnels choesels bruxellois), c’était à l’occasion du lancement du label Brusselicious par Visit.Brussels, l’office de tourisme bruxellois. Celui-ci a été récompense des établissements de la capitale qui mettent l’accent sur la cuisine bruxelloise et, plus largement, belge.

Pour les touristes mais pas seulement

L’idée de ce label (qui reprend la "marque" créée en 2012 à l’occasion de l’année de la gastronomie à Bruxelles) est une réponse à une demande forte des touristes étrangers. Elle a pu bénéficier de l’expérience de villes comme Lyon ou Barcelone, membres comme Bruxelles du Réseau Délice, ayant déjà effectué un travail analogue, concernant les bouchons pour la première et la cuisine catalane pour la seconde.

Au printemps 2016, Visit.Brussels a retenu une centaine de restaurants sur des critères objectifs (via un système de points attribués en fonction du nombre de plats traditionnels à la carte, de produits locaux et des bières mis en valeur…). Mais Olivier Marette, responsable de Visit.Brussels en charge de la promotion de la gastronomie, n’a pas voulu en rester là. L’image de la ville étant en jeu vis-à-vis des touristes (mais aussi des Bruxellois), il a fait appel à un panel d’une dizaine de journalistes gastronomiques (dont l’auteur de cet article) pour opérer la sélection finale. Au total, ce sont ainsi 21 restaurants qui se sont vu décerner le label Brusselicious. Non pas une fois encore des grandes tables étoilées mais à de bons petits bistrots et de belles brasseries mettant à l’honneur le patrimoine gastronomique local.

Des choesels au zenne pot

Parmi les restaurants sélectionnés, on retrouve quelques institutions, comme "Viva M’Boma" (pour les choesels), "Au Vieux Saint-Martin" (pour l’américain-frites), "La Belle maraîchère" (pour les croquettes aux crevettes) et "Les Brigittines", où l’excellent Dirk Myny a créé un néo-classique avec son formidable "Zenne Pot", qui mêle saucisse fumée, bloempanch, bulots est choucroute. Mais aussi des adresses 100% traditionnelles (comme le vrai troquet anderlechtois "Friture René") ou plus "jeunes" (à l’image de "Ballekes" ou de "La guinguette en ville").

En cours de délibérations, le jury a estimé dommage de ne pouvoir attribuer ce label Brusselicious qu’à des restaurants, en passant par exemple à côté d’un concept comme "Pistolet original". Depuis fin 2013, l’enseigne a en effet fait un vrai travail pour mettre à l’honneur le goût des Belges à travers ses sandwiches gourmets. Avec un vrai succès puisqu’une troisième boutique est en passe de voir le jour, après celles du Sablon et du Rond-Point Schuman. Trois cantines ont donc, elles aussi, reçu la distinction, avec la poissonnerie-comptoir "Nordzee - Mer du Nord" place Sainte-Catherine et "Au Suisse", sandwicherie iconique, dont certaines spécialités sont entrées dans l’inconscient collectif bruxellois…


Et les frites dans tout cela?

Et tant qu’à faire, si l’on s’adresse aux touristes de passage à Bruxelles, pourquoi ne pas leur conseiller l’un ou l’autre fritkot! A l’issue d’une inoubliable tournée en mini-bus des meilleures friteries de la capitale, douze adresses ont été retenues. On y trouve "La Maison Antoine" ou la Barrière de Saint-Gilles, bien sûr, mais aussi des adresses plus inattendues comme "La friterie Houba" (plus du genre snack à pittas mais qui offre d’excellentes frites maison bien croustillantes). Ou, véritable coeur du jury, la "Friterie Saint-Josse", reprise il y a quelques années par Palma, une Sud-Américaine qui perpétue fièrement et avec le sourire la tradition de la frite belge!

20000 cartes distribuées

Ce label Brusselicious sera mis en valeur sur le site de Visit.Brussels et sur les réseaux sociaux mais surtout à travers une carte papier tirée à 20.000 exemplaires, qui sera distribuée dans les offices du tourisme et dans les hôtels de la ville. Tandis que les restaurateurs pourront afficher un petit logo Brusselicious sur leur devanture.

Cette sélection non exhaustive, qui fera forcément des mécontents — tel resto aurait dû y être; on mange très mal dans celui-ci qui est pourtant dans la liste —, est appelée à évoluer au fil du temps. Une seconde édition de ce label est d’ores et déjà prévue pour 2018… L’idée étant de donner envie à d’autres restaurants d’entrer dans le jeu et d’ainsi de faire monter le niveau, encore assez faiblard, de la cuisine traditionnelle à Bruxelles, comme le reconnaît Olivier Marette, qui déplore le niveau "moyen" des restaurants qui se sont spécialisés dans la cuisine belge. Quitte à élargir quelque peu les critères de sélection de base qui laissent de côté beaucoup des plus belles tables de Bruxelles. A commencer par "Bon Bon" qui, après tout le travail effectué sur les recettes traditionnelles par Christophe Hardiquest, mériterait évidemment d'être labellisé "Brusselicious"!


>>> La liste complète des restaurants labellisés dans cet article <<<