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Consommer du gluten chez les personnes atteintes de maladie cœliaque multiplie les risques de maladies coronariennes. Pour les autres, ce régime n'apporterait rien, il est même fortement déconseillé.

Depuis quelques années, les rayons des boutiques bio et des supermarchés regorgent de produits sans gluten. Les magasins et de plus en plus de restaurants surfent sur une véritable tendance, celle du "bien manger". Pour certaines personnes, se passer de gluten est vital, car atteintes de maladie cœliaque. Chez eux, cette protéine provoque fatigue, anémie, amaigrissement et risque de maladies cardiovasculaires. Mais pour les autres ?

Selon des experts américains en nutrition et en médecine (certains d'Harvard et de Columbia), supprimer le blé, l'orge et le seigle de son alimentation est loin d'être bénéfique pour la santé. Leur étude de grande ampleur, relayée par The Independent, a démontré qu'en se privant de gluten, croyant se prémunir des maladies cardiaques, ces personnes ne font justement qu'en augmenter les risques.

Car la réduction, voire l'élimination, du gluten de l'alimentation réduit la consommation de grains entiers, réputés pour leurs bienfaits contre les maladies cardiaques. "Les céréales complètes sont connues pour leur capacité à piéger le cholestérol et donc à réduire le risque des maladies cardiaques", explique le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste. "Nous faisons face, depuis un certain temps à ce phénomène de mode, le sans gluten, qui résulte en réalité de la mauvaise interprétation d’études scientifiques. Quand certaines personnes arrêtent de manger du pain, elles se sentent mieux. Mais il faut savoir que dans le pain courant par exemple il y a une dizaine d’additifs qui ne sont pas forcément bien tolérés. Ce qu'on peut préconiser, plutôt que d’arrêter le gluten, c’est d’acheter et de consommer du pain au vrai levain ", déplore-t-il. Il a également remarqué que ces personnes finissent aussi par éviter le lactose et la viande, provoquant un déséquilibre dans leur apport nutritionnel.