Food Le Concours mondial de Bruxelles a révélé la liste des vins médaillés. Il révèle également les grandes tendances de ce que nous allons boire dans un futur proche.

Ces 5, 6 et 7 mai, 320 journalistes, acheteurs, œnologues et sommeliers provenant de plus de 50 pays se sont donné rendez-vous à Valladolid au cœur de la Castilla y Léon pour sélectionner les meilleures bouteilles de vin présentées au Concours mondial de Bruxelles (CMB), le seul concours itinérant au monde. Une région emblématique de la viticulture, espagnole, qui regroupe 12 appellations, dont les plus prestigieuses sont : Ribera del Duero, Toro, Rueda, Cigales et El Bierzo. Les cépages Tempranillo et Mencia pour les rouges et Verdejo pour les blancs assurent la notoriété des vins de la région.

Ce que nous révèlent les chiffres

Neuf mille quatre-vingts échantillons ont été enregistrés cette année au Concours mondial de Bruxelles (CMB), ce qui représente une croissance moyenne de plus de 5 % par an au cours des dix dernières années (2007-2017). Cette progression s’explique par la montée en puissance de la production mondiale de vin, qui se conjugue à une stabilité de la consommation et à une augmentation continue des volumes et des valeurs. La reconnaissance de la valeur de ces médailles par les consommateurs explique également l’intérêt des producteurs à concourir.

Cinquante pays producteurs de vins ont participé cette année au CMB. Par ordre décroissant des inscriptions, les dix premiers pays se déclinent comme suit : France, Espagne, Italie, Portugal, Chili, Chine, Afrique du Sud, Bulgarie, Suisse, Grèce et Slovaquie.

En marge des vins médaillés, le CMB est également un révélateur des tendances du marché, qui anticipe ce que le consommateur dégustera dans les années à venir.

La Chine s’est réveillée

La participation chinoise a fait un bond de 112,5 % en comparaison de 2016, et de près de 250 % depuis 2015. Les Chinois aiment ce qui brille, on comprend donc que les médailles CMB sont très convoitées en Chine. Avant de référencer un vin, certains distributeurs chinois demandent qu’il ait été récompensé lors d’un concours international. Du point de vue des producteurs, il s’agit d’un moyen de pénétrer de nouveaux marchés, ce qui les encourage à participer.

Cette croissance exponentielle de participation n’est que le reflet de la réalité de l’industrie viticole de l’Empire du milieu. Chaque année ce sont des milliers d’hectares qui sont plantés dans une dizaine de régions de production. Ces projets gigantesques, s’ils ne sont pas le fruit d’investisseurs étrangers, sont gérés et supervisés par des œnologues et experts étrangers, ce qui leur a permis d’avancer à pas de géant dans le secteur des vins qualitatifs.

Pour preuve, il suffit de se pencher sur les résultats du CMB. Les statistiques et informations officielles n’étant pas très fiables, on peut cependant se fier aux chiffres de l’OIV, qui annonce que la superficie du vignoble chinois se situe au deuxième rang mondial avec près de 840 000 hectares. Seule l’Espagne précède la Chine.

Deux nouveaux pays producteurs

Pour la première fois, l’Azerbaïdjan et Andorre ont présenté des échantillons. Ce qui démontre l’intérêt croissant pour la production viticole dans les coins les plus reculés du monde. Une tendance qui devrait s’accélérer avec l’augmentation des températures moyennes sur la planète.

Toujours plus sain…

On ne peut que se réjouir de la montée en flèche du nombre d’échantillons de vins biologiques et biodynamiques, avec une hausse de plus de 80 % au cours de ces trois dernières années, cette progression reflète un fort intérêt manifesté par les consommateurs en faveur des deux segments. Depuis quelques années, les consommateurs s’intéressent davantage aux origines des vins et aux méthodes de production utilisées, privilégiant ainsi les produits biologiques et locaux. On ne peut plus parler de mode mais d’une véritable tendance qui a motivé la création d’une nouvelle catégorie dédiée aux vins biologiques et biodynamiques.

Prochaine destination : la Chine

La Chine deviendra la capitale mondiale du vin en 2018. Le Concours mondial de Bruxelles (CMB) a choisi le district de Haidian à Pékin pour accueillir sa 25e édition. Pour la première fois de son histoire, ce concours itinérant a sélectionné un pays hôte situé en dehors de l’Europe. Cette décision a été annoncée lors de la clôture de l’édition 2017.

La Chine est sans nul doute le pays où le secteur du vin se développe le plus rapidement en termes de production et de consommation. La Chine est devenue la première destination export de certains des principaux pays producteurs de vins au monde. Les organisations professionnelles s’y implantent, ouvrent des bureaux régionaux et établissent des réseaux commerciaux. Les taux de croissance y sont plus élevés que sur tout autre marché. L’adjoint au maire du district de Haidian à Pékin, Mingjie Chen a confirmé qu’il s’agira de la plus grande dégustation jamais organisée dans son pays. Ce sera la première fois qu’un concours de cette envergure se tiendra en Asie. En faisant une halte en Chine, le Concours mondial permettra de découvrir le marché du vin le plus dynamique de la planète, tout en s’ouvrant à de nouveaux horizons culturels.

Depuis vendredi les médaillés du CMB sont connus. La liste des vins primés est disponible sur www.concoursmondial.com