Hommes

Découvrez la petite histoire de ces pièces qui ont fait l’armée avant devenir des incontournables de la mode masculine.


Sans que l’on s’en rende compte, le vestiaire masculin est en partie composé de vêtements d’abord conçus pour les militaires. Confortables, épurés et pratiques, ils ont fait leurs preuves sur le champ de bataille, avant de conquérir les placards de l’homme en civil. Revue des troupes.


Le bomber

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Justin Theroux dans un bomber kaki, classique et classy

Il est partout en ce moment ! Le bomber, avec sa coupe simple et son col rond, est la veste la plus populaire de cette année 2017. Ce modèle, aussi connu sous le nom de MA-1, a été conçu pour les aviateurs de l’US Air Force dans les années 1950. La veste créée par Alpha Industries est initialement composée de nylon. Le col est rond pour éviter tout accident avec le harnais des parachutistes et, à partir des années 1960, la doublure devient couleur orange détresse. À l’aube de la guerre de Vietnam, le bomber est commercialisé et devient accessible au grand public. Au fil des décennies, il marque la pop culture et accompagne aussi bien le mouvement skinhead que les débuts du hip-hop jusqu’à devenir la pièce tendance d’aujourd’hui.


La souvenir jacket

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Zayn Malik et sa sukajan signée Louis Vuitton

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La flight Jacket, qui avait un intérieur orange pour que les militaires puissent la retourner en cas d'urgence.

C’est la rencontre de la veste militaire et de la culture japonaise. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les troupes américaines stationnées dans le pays du Soleil-Levant se font faire des blousons sur mesure en souvenir de leur temps passé dans le Pacifique. Appelée sukajan, cette veste est coupée comme un bomber ou un teddy, le blouson de baseball. D’abord réalisée avec le tissu du parachute des militaires, elle est aussi fabriquée avec de la soie japonaise. La « souvenir jacket » est ornée de motifs brodés qui rappellent aussi bien l’armée que la culture nippone, avec des tigres, des dragons ou des fleurs. Dans le film Drive, Ryan Gosling porte un modèle blanc avec un grand scorpion dans le dos. Il n’en faut pas plus pour remettre ce blouson à l’histoire originale au goût du jour.


Le blouson aviateur en mouton retourné

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Tom Hardy, shooté pour Esquire dans un RAF Bomber qu'il ne quitte plus

Il y a eu au fil des années beaucoup de modèles différents pour ces vestes qui protégeaient les pilotes américains à partir des années 20. Les types A1 et A2 étaient en cuir fermés par des boutons, doublés de coton et disposant d'un col, d'une taille et de poignets en tricot. Par la suite, le type B3 a fait son apparition pour ne jamais disparaître : C'est le blouson des pilotes et membres de bombardiers américains durant la Seconde Guerre mondiale. Similaire au modèle Irvin britannique, il est en mouton retourné et pourvu d'un très large col fourré, fermé par deux pattes de serrage. Il est un indémodable du vestiaire masculin...


Le chino

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Steve McQueen, au summum de son sex-appeal dans son chino beige, avec sa moto

Intemporel, indémodable, le chino est l’un des piliers du vestiaire masculin. Avant que l’acteur Steve McQueen n’en fasse une pièce inévitable, à la fois chic et virile, le pantalon beige a vu du pays. En poste en Inde en 1846, le commandant Sir Harry Lumsden est la tête de l’armée coloniale anglaise dans le Punjab. Il entreprend de colorer les pantalons blancs de ses soldats pour les rendre moins salissants et moins voyants. Le chino est né. Il est aussi appelé khaki, mot d’origine indienne qui veut dire « poussière », en référence à sa couleur sable. Il se décline désormais dans toutes les couleurs possibles et imaginables.



Le T-shirt blanc

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Marlon Brando, inoubliable dans ce T-shirt blanc qui contribiera à lancer sa légende

De prime abord, on pourrait croire le t-shirt blanc sans histoires. Et pourtant, il a une longue carrière derrière lui. Dans les années 1910, il devient une partie intégrante de l’uniforme de la US Navy, la marine de guerre américaine. En coton et simple à laver, il est alors porté comme un sous-vêtement. Après le Débarquement de Seconde Guerre mondiale, les GI américains ont popularisé le t-shirt blanc en Europe : il devient un vêtement à part entière. Hollywood en a fait une véritable icône à partir des années 1950. Marlon Brando le porte à même le corps dans Un tramway nommé Désir et James Dean sous son mythique blouson rouge dans La Fureur de vivre , lui donnant une connotation rebelle.


Les desert boots

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Des Desert Boots sur tapis rouge, on doit ça à Brad Pitt, du temps des Brangelina...

On doit ces bottes à Nathan Clark, le petit-fils du fondateur de la marque de chaussures Clarks, suite à son passage dans l’armée. Il est envoyé en Birmanie dans les années 1940, et y découvre une chaussure qui retient son attention. Ses frères d’armes portent des chaussures en daim légères, confortables et souples grâce à leur semelle en crêpe. Il apprend que les militaires se rendent dans un souk du Caire pour se les faire fabriquer, l’Égypte étant sous domination britannique. Quelques années plus tard, Nathan Clark se rend aux États-Unis et présente un modèle qui s’inspire de son aventure : Clarks lance sa desert boot. Elle est de couleur beige pour rappeler les sables du Sahara et le succès sera vite au rendez-vous. Les bottines seront prisées aussi bien par les intellectuels américains, les beatniks que par les rockeurs anglais, les mods, avant de chausser le monde entier.