Love & Sex Des livres récents comme les réseaux sociaux mettent en avant les avantages et la sécurité des méthodes de contraception naturelle. Mais sont-elles vraiment efficaces ?

La pratique du retrait

Elle est efficace à seulement 73 % dans les faits, selon une étude menée par l’Université de Princeton, en 2011, référente sur le sujet. Elle semble adaptée aux couples se connaissant bien, car elle nécessite d’avoir une grande confiance en l’autre. Même dans ce cas, "une goutte de sperme peut toujours être émise avant l’éjaculation", souligne le Dr Danielle Gaudry. D’autant plus que le liquide préséminal contient déjà des spermatozoïdes. "Mais il peut convenir à des couples qui s’entendent bien, connaissent leurs limites et pour qui une grossesse ne serait pas un drame", précise Martin Winckler.

La méthode de calcul des jours de fertilité

Cette méthode est elle aussi considérée comme une méthode traditionnelle car efficace à seulement 75 %. Pour connaître ses jours fertiles, la femme doit d’abord suivre l’évolution de son cycle sur 6 mois. Soustraire 18 jours de la durée de son cycle le plus court pour estimer son premier jour fertile. Puis soustraire 11 jours de la durée de son cycle le plus long pour estimer son dernier jour fertile, et avoir des rapports protégés ou s’abstenir lors de cette période. "Tenir un journal de son cycle est une excellente initiative afin de mieux connaître son corps, poursuit Martin Winckler. Mais l’ovulation peut intervenir un jour avant ou après, et fausser les calculs."

La symptothermie

Selon l’Organisation mondiale de la santé, c’est la méthode naturelle la plus efficace : 98 % à condition de s’y tenir scrupuleusement. Il s’agit de combiner l’observation de sa glaire cervicale, plus fluide en période de fertilité, épaisse après l’ovulation, avec une prise de température basale tous les matins afin d’identifier les jours fertiles. La méthode est contraignante ! La femme doit prendre sa température chaque matin, avant le lever, à heures fixes. Une légère augmentation de 0,2 à 0,5 degré pendant plusieurs jours consécutifs indique une ovulation consécutive à une hausse de la progestérone dans le corps. "Attention, en cas de vaginite, la consistance de la glaire peut changer, un simple rhume peut aussi faire augmenter la température, ou un simple lever nocturne fausser le résultat !", prévient Danielle Gaudry.

Selon une enquête menée en 2009 par l’Inserm, quelle que soit la méthode naturelle, elle est abandonnée par plus d’une femme sur deux dans les douze mois.